Productions et numéros de série.

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post-it Productions et numéros de série.

Message  HELIX Sam 17 Déc 2011, 16:14

Fusil modèle 1874 Gras

MAC :(Il s'agit ici malheureusement d'estimations au vu des rendements donnés par Claude LOMBARD, il est possible qu'il y ait quelques petits décalages avec des armes réelles)
1875 : 43 000 (A 1 - A 43000)
1876 : 72 000 (A 43001 - B 15000)
1877 : 68 000 (B 15001 - B 83000)
1878 : 67 000 (B 83001 - C 50000)
1879 : 66 000 (C 50001 - AB 16000)
1880 : 48 000 (AB 16001 - AB 64000)
1881 : 48 000 (AB 64001 - AC 12000)
1882 : 48 000 (AC 12001 - AC 60000)
1883 : 48 000 (AC 60001 - BC 8000)
1884 : ?
Total : environ 510 000 fusils 1874 neufs. Il faut y ajouter plus de 50 000 transformations (1866-74) par an à partir de 1879, mais tous modèles confondus, sans précision.

MAS :
1874 : 2 (F 1 - F 2)
1875 : 93 117 (F 3 - F 93119)
1876 : 223 102 (F 93120 - G - H - J 16221)
1877 : 217 717 (J 16222 - K - L 33938)
1878 : 188 021 (L 33939 - M - N 21959) + 400 de la série X
1879 : 153 349 (N 21960 - P 75308) + 750 de la série X
1880 : 102 970 (P 75309 - Q 78278) passage au M80
1881 : 89 493 (Q 78279 - FG 67771)
1882 : 92 104 (FG 67772 - FH 59875)
1883 : 79 462 (FH 59876 - FJ 39337)
1884 : 1 158 à 3 658 (FJ 39338 - FJ 40495 ou FJ 42995 )
Total : 1 242 995 fusils 1874 neufs + 1 182 de la série X + 325 coupes d'arsenal. Il faut y ajouter 892 990 transformations (1866-74).

MAT :
Lacunaire, comme toujours.
1875 - 1877 : 80 000 ? (R 1 - R 80000?)
1878 - 1879 : 170 000 ? (R 80001 - S - T 50000?)
1880 - ? : 180 000 ? (T 500001 - RS - RT 30000?) exples : T 769XX (baïo janv 1880); RS 20XXX (1881); RS 516XX (baïo août 1881); RT 268XX
Total : au moins 430 000 ?.

Mousqueton modèle 1874

MAC : Là encore c'est des estimations, mais on ne doit pas être loin de la vérité :
1876 : 6 600 (A 1 - A 6600)
1877 : 14 500 (A 6601 - A 21100)
1878 : 14 000 (A 21101 - A 35100) exple : A 278XX, canon MAC 1878
1879 : 13 500 (A 35101 - A 48600)
1880 : 9 600 (A 48600 - A 58200) exple : A 500XX canon MAC 1879
1881 : 9600 (A 58201 - A 67800)
1882 ? : 9600 ?(A 67801 - A 77400) ?
1883 ? : 9600 ?(A 77401 - A 87000) ? et années suivantes : ?
Production totale : 70 000 armes? plus?

MAS :
Donc, sauf erreur de Dubessy, pas de mousqueton 1874 neufs produits à la MAS, à l'exception de 50 exemplaires (pré-série?)

MAT :
Peut-être le gros du bataillon des mousquetons produits neufs.
1878 : R 549XX
1879 : R 622XX
1883 : S 37XX; S (?) 973XX
Donc, peut-être 200 000 exemplaires (plus?)

Carabine de gendarmerie à pied modèle 1874

MAC :
D'après Lombard, en purement 1874, aucune.

MAS :
1876 : 1 038 (F 1 - F 1038)
1877 : 37 676 (F 1039 - F 38714)
1878 : 12 449 (F 38715 - F 51163) + 200 de la série X
1879 : 12 300 (F 51164 - F 63463)
1880 : 12 691 (F 63464 - F 76154)
1881 : 14 870 (F 76155 - F 91024)
1882 : 14 069 (F 91025 - G 5093)
1883 : 12 695 (G 5094 - G 17788)
1884 : 1 511 (G 17789 - 19 299)
Total : 119 299, auxquels il faut ajouter 200 armes de la série X et 43 468 armes transformées 66-74.

MAT :
Armes à matricules en "R" datées de 1885
45 000?.

Carabine de cavalerie modèle 1874

MAS :
1877 : 6 847 (F1 - F 6847)
1878 : 30 969 (F 6848 - F 37816) + 700 de la série X
1879 : 17 675 (F 37817 - F 55491)
1880 : 13 739 (F 55492 - F 69230)
1881 : 9 054 (F 69231 - F 78284)
1882 : 5 375 (F 78285 - F 83659)
coupes d'arsenal : 25
Total : 83 287 (chiffre total donné par Dubessy) ou 83 659 + 725 (chiffres ci-dessus additionnés). Difficile de savoir d'où peut venir la différence de 372 à 1097 armes. Le même genre de problème s'est posé à moi pour certaines années du Lebel (total de l'année - totaux des mois de l'année). On y ajoutera 146 474 carabines 66 -74.

Fusil modèle 1886 & 1886/93 Lebel

Ca fait maintenant pas mal de temps que je travaille le sujet. Je pensais être arrivé à quelque chose d'à peu près correct, même si des zones d'ombre demeuraient, en particulier pour la production de Tulle. Et la, patatra, un collectionneur américain sort de derrière les fagots un Lebel de Châtellerault avec le numéro de série le plus élevé à ce jour (BC 760XX) et la date de macaron de crosse la plus récente (janvier 1902). Claude Lombard s'était arrêté de donner la production en 1892, ce qui me laissait croire que Châtellerault avait arrêté de produire cette année là, d'autant que ses chiffres et dates collaient parfaitement avec le précédent Lebel connu le plus élevé en chiffre et avec la date la plus récente pour la MAC.
J'ai pris la chose avec des pincettes, d'autant que le gars ne mettait pas de photo de la dite arme et que ça fichait en l'air ce que j'avais fait depuis pas mal de temps. Mais bon, mes calculs faits et refaits, tout colle trop bien, ce qui m'a amené à des révisions déchirantes.
Tout le problème vient de la phrase d'un rapport sur la production industrielle publié dans une revue de l'armée française en 1922: ...En Août 1914, il y a 2 880 000 Lebel 1886. 300 000 sont usagés et renvoyés en manufacture... Entre 2 880 000 dont 300 000 "vieux clous" et 2 880 000 + 300 000 (soit 3 180 000 à la déclaration de guerre), ce n'est pas vraiment la même chose. J'avais fini par opter pour la première solution. Dans l'option contraire, avec les 200 000 produits pendant la guerre, ça faisait 3 380 000, ce qui paraissait un peu énorme comparé aux "3 millions" cités à la louche par certains (Foch entre autres si je ne m'abuse). Bien sûr, du coup, j'avais des numéros de série trop élevés pour Tulle que j'essayais d'expliquer de façon plus ou moins boiteuse par des séries sautées.
Bon je sais ce que vous allez dire : "alors, il va la cracher, sa valda?" o.k. o.k., c'était juste pour dire que j'avais potassé le truc. Je me lance, tant pis (ou tant mieux), si vous me prouvez que je me plante :
Production totale à Châtellerault (1887-1902? 1904?) : environ 976 000 (confer BC 760XX)
Production totale à Saint-Etienne (1887-1904?) : environ 1 514 000- 1 518 000 (confer Dubessy et numéro de série le plus élevé connu FM 140XX, n'est-ce pas Robert?)
Production totale à Tulle (1887-1904? + 1914-1920?) : 664 000 (684 000?) + 200 000.
Soit un total général de 3 354 000 à 3 358 000 pas si loin des 3 380 000 calculés.
Juste pour mon plaisir et parce que j'en ai bavé avec son invraisemblable mélange de lettres, voici Les périodes approximatives de fabrication liées aux lettres préfixes des matricules de Tulle. Si votre arme a été recanonnée (transformée en R35?), ça vous donnera une petite idée de son année de naissance.
1887-1888 : R
1888-1889 : S
1890 :T, RS
1891 : RS
1892-1893 : RT
1894-1895? : ST
1895-1904? : TS
1914-1920 : TS, TR, SR
Numéro de série le plus élevé connu (sur un R35) : SR 861XX, soit théoriquement un total de 886100 pour Tulle..

La production a été provisoirement arrêtée en 1904. Elle a été redémarrée dans le courant de l'année 1914 (quand exactement, je l'ignore), probablement avec des pièces détachées tenues en stock, d'où sa faiblesse insigne au départ : 1470 entre août 1914 et mars 1915 (Cf. le livre de Claude Lombard sur la MAC et toute une série d'articles de la gazette, j'ai la flemme de chercher les numéros exacts ce soir, il est déjà tard).
En Décembre 1915, la production par jour de lebels était de 800 armes (si on suppose que seul les dimanches étaient chômés, ça nous en donne 20 000 pour le mois, contre 34 000 07/15). Le chiffre de 200 000 sort d'un tableau du rapport de 1922 déjà cité. Et en plus, ça colle bien avec les numéros de série observés.
La décision officielle d'arrêter sa production est prise le 11 mai 1920 (Cf., une fois encore, l'irremplaçable Lombard, quand vont-ils se décider à le ré-éditer?).
Pourquoi avoir continué à le produire malgré sa complexité (coût, fiabilité face à la boue)? J'ignore le fin mot, mais on peut émettre certaine hypothèses :Certes, la production du 07/15 a commencé en Février 1915, mais il a fallu qu'elle monte en puissance. Et puis, on devait donner un fusil résistant aux grenadiers VB. Enfin, l'outillage existait (tout au moins à Tulle). Ainsi, en novembre 1916, il était encore prévu de relancer la production, semble-t-il stoppée(?), pour sortir 250 Lebel/jour à partir de la deuxième moitié de 1917 et ce sur un an à un an et demi. On ignore si ces prévisions ont été réalisées, mais en novembre 1916, la production du 07/15 battait son plein (enfin pas tout à fait, elle avait été fortement diminuée après juillet au profit du mousqueton).

Pour Saint-Etienne : Merci l'édition du Fac-similé de l'ouvrage de Dubessy "historique de la manufacture d'arme de Saint-Etienne" (Ed° le Livre d'Histoire). J'ai une épouse d'une exquise compréhension pour mon vice. Elle écoute quand je lui en parle. Mieux, elle fait régulièrement des raids surprise dans les librairies spécialisées avant de m'offrir l'un des objets de ma concupiscence, dûment emballé de papier cadeau. Merci à elle aussi, donc (j'aurais eu peut être un peu honte de claquer 96 euros de l'argent du ménage pour quelque chose d'aussi égoïste).
En voici la substantifique moelle, pour le Lebel tout au moins (Nota Bene : entre 1896 et 1900, c'est les chiffres des commandes, faute de mieux), les numéros de série sont purement théoriques mais en gros vérifiés par la pratique:
1887 : 73 200 (F1-F73200)
1888 : 198 156 ou 198 630 (F73201-G-H71356 ou H71830), Dubessy donne deux chiffres différents, de même que pour l'année suivante.
1889 : 388 088 ou 383 131 (H71357-J-K-L-M59444 ou H71831-M54961), à partir d'ici, je fais la moyenne, ce sera plus simple.
1890 : 426 000 (M57203-N-P-Q-FG83202)
1891 : 160 000 (FG83203-FH-FJ43202)
1892 : 105 000 (FJ43203-FK48202)
1893 : 70 000 (FK48203-FL18202)
1894 : 30 000 (FL18203-FL48202)
1895 : 14 000 (FL48203-FL62202)
1896 : 6 700 (FL62203-FL68902)
1897 : 6 970 (FL68903-FL75872)
1898 : 12 434 (FL75873-FL88306)
1899 : 12 160 (FL88307-FM466)
1900 : 15491 (FM466-FM15957) A ce stade, on est probablement environ 2000 numéros au-dessus de la vérité.
1900-1904 : production inconnue..

Bon, je donne Châtellerault, comme ça, on sera débarrassés, même si c'est déjà plus connu (mais plus rare dans la réalité) :
1887 : 58 500 (A1-A58500)
1888 : 146 200 (A58501-B-à C4700)
1889 : 245 300 (C4701-D-E49700)
1890 : 286 850 (E49701-AB-AC-AD36550)
1891 : 115 000 (AD36551-AE51550)
1892 : 54 910 (AE51551-BC6460)
1893-1902 : environ 70 000 exemplaires (BC6461-BC760XX, poinçon de réception de janvier 1902)?
A noter qu'il peut s'écouler plusieurs mois (un ou deux en période de pleine production) à plusieurs années (périodes de "vaches maigres", quelques centaines à quelques milliers d'armes produites par an), entre le moment de l'épreuve de canon (date sur le canon) et la réception de l'arme finie (poinçon de crosse, malheureusement souvent illisible voire effacé)..

Carabine de cuirassier modèle 1890

Carabine de Cuirassier modèle 1890 :
La totalité des 20 000 exemplaires de cette arme a été produite à Châtellerault et seulement en 1891. La production a démarré en décembre 1890 et les canons de certaines armes portent une épreuve de cette année là. Elle semble s'étaler sur pratiquement toute l'année 1891.Numéros de série : A1 à A 20000.
Aucune n'a été faite à la MAS (à part peut être des armes modèle, faudrait que j'aille revoir celle en exposition au musée de la MAS). Le dessin du Boudriot est faux (avec tout le profond respect et l'admiration que je voue à MM. Boudriot, Lorain et Marquiset). Il copie un dessin "technique" de l'époque que l'on peut voir dans le livre sur la MAC de Claude Lombard.

Carabine de cavalerie modèle 1890

Carabine de cavalerie modèle 1890 :
Si les tracés définitifs de l'arme datent d'août 1890 (cf. Lombard), la production de ce modèle a commencé en novembre (ordre du ministre en date du 7 novembre, Cf. Dubessy) ou décembre 1890, de ce fait, certaines armes portent des canons de 1890 mais ont été réceptionnées en 1891.
Si le nombre total est bien connu (200 000), la production postérieure à 1900 n'est pas évidente à trouver.
MAC :
1891 : 40 000 (A 1 à A 40000)
1892 : 10 000 (A 40001 à A 50 000)
MAS :
1891 : 90 000 (F1 à F90000)
1892 : 16 000 (F90001 à G6000)
Entre 1893 et 1900, aucune arme produite, ni à châtellerault, ni à Saint-Etienne.
Entre 1900 et 1904, environ 4 000 armes produites (uniquement à Saint-Etienne?)
La commande de 1905 porte sur 40 000 armes (sur quelle période et par quelle(s) manufacture(s) a-t-elle été réalisée?). Numéros de série les plus élevés relevés : A 502XX (année inconnue) et G 66XX (canon 1903).
A partir d'ici, je recopie servilement Claude Lombard :
1904 : modification du 2ème type. Les jeux de pièces nécessaires sont fournis par Saint-Etienne.
1909 : tenon de recul
1910 : transformation de 100 carabines pour recevoir un baïonette particulière pour expérimentation au 16ème Dragon, remaniées encore en 1912.
Début 1914 : commande de 400 carabines à transformer pour de nouvelles expérimentations (réalisées?)
Juillet 1915, commande de la transformation de 135 000 carabines de cavalerie pour recevoir le sabre-baïonette 1892 (réalisée? au moins partiellement, 2 000 exemplaires entre avril et juillet 1916).
Au moins 4000 carabines de cavalerie ont été transformées en mousqueton M16 en 1921..

Carabine de gendarmerie modèle 1890

Bon, on continue (termine?) par la carabine de Gendarmerie modèle 1890 :
Bien que le sujet ait été quelque peu défloré, on peut apporter les précisions suivantes: La production démarre en 1892. Cela permet de les distinguer, si elles n'ont pas été recanonnées, des carabines de cavalerie qui, pour les mêmes matricules, seront au mieux de 1891.
A la MAC :
1892 : 18 831 (A 1 à A 18831)
1893 : 1169 (A 18832 à A 20000) + 16 640 transformées en mousqueton 1892 par l'adjonction d'un sabre-baïonnette mod 1892. Il n'est pas dit que le marquage du boîtier est modifié. Sachant qu'il s'agit d'armes produites entre minimum février 1893 et septembre 1893, j'ai quelques soupçons sur la A 138XX (canon 2/93). Pour moi, cette arme est une des 16 640 carabines de Gendarmerie reconverties en mousqueton 1892. Elle a reçu un numéro de série s'intégrant dans ceux des autres 1892 "réguliers" produits à la MAC.
Toute la question est de savoir comment considérer cette dernière arme en tant que collectionneur : carabine de Gendarmerie (sans sa baïo et nonobstant son numéro de série qui était d'ailleurs frappé sur la dite baïo) ou mousqueton d'artillerie?
Pour la MAS :
1892 : 30839 selon Dubessy ou 20 000 selon Lombard (F 1 à F 20 000 ou F 30839). J'aurai plutôt tendance à croire Dubessy qui écrivait spécifiquement sur la MAS. Lombard se contente de citer une décision ministérielle.
Donc, selon Dubessy, 13 161 carabines produites en 1892, en sus des 30 839 déjà citées, ont été "converties" en mousqueton 1892. Elles ont là aussi été probablement injectées dans les numéros de série propres à ce dernier type. Et ça tombe bien car ça permet d'expliquer un certain bazar au niveau des numéros de série des 1892 des deux premières années de production..

Mousqueton modèle 1892

Le début de la production est assez précis: le 30 août 1892. Le mousqueton 1892 n'a été produit qu'à Châtellerault et à Saint-Etienne (même si Tulle a pu filer un coup de main sur le M16 et orner le boîtier de culasse à cette occasion de sa marque). La fin de production? tout dépend.
Si l'on considère la MAS, probablement aux alentours de mars 1915, avec le lancement du 07/15 dans ses ateliers. La production totale pour Saint-Etienne semble se situer à un peu plus de 300 000 mousquetons 1892.
Pour la MAC, c'est un peu plus complexe. Elle est sensée avoir commencé la production d'armes à 5 coups en mai 1917. Néanmoins, il ne semble pas qu'elle soit venue à bout du stock de magasins à trois coups avant octobre 1917. Plusieurs dizaines de milliers d'armes ont été produites avec des boîtiers M16 et pourtant des magasins à 3 coups. Et il n'est nullement évident que la césure soit même aussi nette que cela. Alors même que des armes ont déjà été produites avec des magasins à 5 coups, des armes avec des numéros de série plus élevés ont pu être à trois coups.
Désolé donc pour les fanas du M16 "premier type". C'est en fait une kyrielle de "bâtards", toute une évolution qu'il faut prendre en compte pour passer du 92 pur jus d'avril 1917 au M16 complet avec boîtier 5 coups, crosse à barrette et garde-main de décembre 1917 ou janvier 1918.
On peut néanmoins donner une estimation de la production de la MAC aux environs de 375 000 mousquetons 1892 (je ne compte pas, je le répète, les M16).

Voici donc la production année par année (enfin, quand cela a été possible). Si votre arme a été recanonnée (c'est moins commun qu'avec les fusils d'infanterie, mais ça arrive), vous aurez donc une assez bonne idée de son année de naissance. Encore une fois, ces listes n'auraient jamais pu voir le jour sans l'aide de tous ceux qui y ont contribué par leur propre collection (n'est-ce pas vive la colo?) ou par l'apport de leurs propres listes (n'est-ce pas Fetenat?)
Pour la MAS :
Les trois premières années sont un peu délicates à comptabiliser avec des armes produites sans baïonnettes (carabines de Gendarmerie ou mousquetons 1892) qui ont pu être réinjectées au fur et à mesure de la réception de cet accessoire qui était appairé à l'arme et frappé au même numéro. Les numéros de série indiqués sont ceux qui collent au mieux avec les observations faites sur les armes.
1892-1893 : 13 161 (carabines de gendarmerie en attente de baïonnettes) + 9210 (mousquetons 1892 produits en 1893, eux aussi en souffrance de baïonnette) + 38290 mousquetons complets produits en 1893. Les armes ont été numérotées dans le désordre (mois, années 1892 et 1893 mélangées).
Numéros de série : F1 à F 38290?
1894 : En peu de temps, les armes font un saut de 60 000 numéros, avec des armes de 1893 intercalées. 75 055 armes produites avec probablement, en plus, la "réinjection" d'armes qui ont reçues leurs baîonnettes.
Numéros de série : F 38291 à G 35716?
1895 : les choses rentrent dans l'ordre. 42 800 armes produites. (G 35717 - G 78516)
1896 : 28 460 (G78517 - H 6976)
1897 : 18 868 (H 6977 - H 25844)
1898 : 17 050 (H 25845 - H 42894)
1899-1913 : ? Entre 26 000 et 38 000 (seule arme intermédiaire connue : H 689XX, canon de 1912)
1/1914-7/1914 : ? arme connue H 814XX (canon 2/1914)
8/1914-1915 : Environ 20 000 (H 817XX? - J 17XX?). Il existe une arme,probablement recanonnée, en K 778XX. S'agit-il d'un H mal refrappé? (confusion à la lecture de l'immatriculation du canon d'origine lors du changement de canon?). Si ce n'est pas le cas, ça fiche en l'air pas mal de choses dans mes listes et ça ne colle plus du tout avec d'autres sources comme le nombre total de mousquetons produits en 14-18 (510 459)..

Les archives expliquent clairement que les carabines de Gendarmerie produites en sus des 20 000 pour la MAC et des 30 839 pour la MAS ont été "transformées" en mousqueton d'artillerie. Il suffit de mettre une autre baïonnette. Au départ je pensais qu'ils s'étaient quand même fatigués à changer les marquages des boîtiers de culasse. Et bien c'est peut être même pas vrai, en tous cas, pas pour toutes. Selon moi, la A 138XX à boîtier de 1890 et canon éprouvé en février 1893 est dans ce cas.

Poursuivons avec la MAC :
1893 : 12 500 + 16 640 (carabines de Gendarmerie "reconverties" par adjonction du sabre-baïonnette du mousqueton) A 1 - A 29140.
1894 - 1896 : Inconnue, mais environ 45 000 à 50 000 (A 29141 - A 74140 ou A 79140?)
1897 - 1899 : Inconnue, mais probablement aux environs de 30 000 à 35 000 (A 74 141 ou A 79141 (?) - B 9140 ?)
1900 - 1906 : Inconnue, mais probablement aux environs de 30 000 (B 9140 ? - N° inférieur à B 41410)
1907 : 300 (inférieur à B 41710)
1908 : 2490 (inférieur à B 44200)
1909 : 12 500 (inférieur à B 56700)
1910 : inconnue
1911 : 445
1912 : inconnue (Numéros inférieurs à B 65100)
1913 : 6 103 (aux environs de B 65000 - B 71100)
du 1/1914 au 7/1914 : 4 300 (probablement aux environs de B 71100 - B 75400)
du 8/1914 au 11/1914 et du 8/1916 au 12/1916 : 35 150 environ (B 75 400 - D 16000, la lettre B n'a probablement pas été entièrement utilisée et la C a été probablement "sautée"). Pourquoi? bonne question.
du 1/1917 au 9/1917 : environ 164 000 (D 16000- E 80000)
Il est à noter qu'à partir d'avril 1917, les mousquetons sont montés avec des boîtiers qui ne sont plus marqués "1892". Il peut s'agir de boîtiers "Ets Continsouza Mle 1907-15", "Châtellerault Mle 1907-15", ou "Châtellerault -M16". Mais il s'agit toujours d'armes à magasins 3 coups.


Mousqueton modèle 1892 M16

Si l'on écarte les armes ayant reçu la modification 16 "après-coup" pour ne retenir que les armes nées à cinq coups, tout a été produit à la MAC. Tordons une nouvelle fois le cou à cette légende : les Etablissements Continsouza n'ont jamais fabriqué d'armes entières. Ils n'étaient que les fournisseurs des boîtiers qui portent leur marque. Il n'empêche que les mousquetons à boîtiers "Ets Continsouza -M16" sont de loin les plus répandus dans les 342 000 fabriqués entre octobre 1917 et mai 1919. Les armes à boîtiers "Châtellerault -M16" sont, c'est un comble pour des armes fabriquées à la MAC, l'exception plus que la règle (environ 1 sur 10). Autre paradoxe, ce dernier marquage est proportionnellement plus répandu sur des armes fabriquées à 3 coups que sur celles à cinq coups.
Je reprends ci-après le vocable "M16 1er type" de la Gazette pour les armes ayant encore des crosses genre 1892 (battant de crosse et sans garde-main).
Pour en finir avec le bla-bla, précisons qu'il y a eu une variante peu connue de magasin sur les premiers M16 produits: les côtés de la portière, plus épais, recevaient un quadrillage pour pouvoir l'ouvrir, et les flancs du magasin étaient lisses, sans l'usinage conique ultérieur qui remplacera économiquement le quadrillage pour permettre la saisie de la portière.
Je pense que Robert Olivier sera à même de mieux vous en informer, c'est à lui que je dois cette découverte.
Mais voici les chiffres :
Octobre 1917-Novembre ou Décembre 1917 : Environ 40 000 M16 "1er type" (E 81500-AB 20 000? : le AB 171XX est un "1er type", le AB 209XX est un "2ème type").
Décembre 1917-novembre 1918 : Environ 250 000 "2ème type", le classique, avec garde-main, barrette de crosse... (AB 20000?-AC-AD 70000? AD 90000? 20 000 armes semblent avoir disparu dans la tourmente) Armes intermédiaires connues avec date de réception (poinçon de crosse) : AB 784XX Février (?) 1918; AC 56XX mai 1918; AD 96XX août 1918; AD 346XX septembre 1918; AD 403XX octobre 1918. La différence avec la date d'épreuve du canon est d'1 mois, maximum 2 mois.
Décembre 1918-avril 1919 : Environ 50 000 ? (AD 90000? - AE 42000). Armes connues avec poinçon de réception : 2 à quelques dizaines de numéros : AE 403XX, canons éprouvés 11/1918 et, signe que la production ralentit, réception en mars 1919. L'une avait la modification de 1927 (enture du canal de baguette, embouchoir à quillon) et l'autre pas. C'est comme ça que j'ai été sûr de ne pas avoir affaire à la même arme, car je ne note jamais les numéros de série en entier.
Mai 1919-juillet 1920 : 72 290 (AE 42001 - BC 14290) Fin des boîtiers "Continsouza", apparition des boîtiers "'Saint-Etienne".
1921 : 26 100 (BC 14291 - BC 40390). Toujours pleine période des boîtiers "Saint-Etienne" mais boîtiers "Châtellerault" également possibles. Il peut y avoir presque trois ans entre la date d'épreuve du canon et la date de réception de l'arme.
1922 : 14 060 (BC 40391 - BC 54450). Arme connue : BC 544XX Octobre 1922. Boîtiers "Saint-Etienne".
1923 : 1200 (BC 54451 - BC 55650).
1924 : 18 830 (BC 55651 - BC 74480). Boîtiers "Tulle"
1925 : 12 000 (BC 74481 - BC 86480), Boîtiers "Tulle"
1926 : 8 000 (BC 86 481 - BC 94480), Boîtiers "Tulle"
1926-1929 : 1 000 (BC? BD?), arme connue BD 39XX, boîtier "Tulle", canon 5/1926
Si des quantités supplémentaires ont été fabriquées les années suivantes, elles ne sont pas connues et ne sauraient de toutes manière être supérieures à 15 000.
Viennent ensuite les armes réparées, refabriquées, on ne sait trop quoi dire, à partir de carabines ou de mousquetons dont on remplace le bois (par un hêtre pas très flatteur) et le canon, qui reçoit d'ailleurs un nouveau numéro de série pris à la suite de ceux des armes fabriquées réellement neuves. Ces armes voient les marquages d'origine de leur boîtier effacés et remplacés par un simple "M16" au graphisme "bizarre". Toutes les armes observées supportent également un marquage "PK" sur lequel nous reviendrons. Plus de 20 000 armes (30 000?) semblent avoir été ainsi fabriquées jusqu'à l'arrêt de la production du mousqueton 1892 M16 en octobre 1939. Il semble que ces réfections complètes avec nouveau numéro de série aient commencé après 1934, sans qu'on en soit certain.
Armes connues : BD 117XX, canon 6/1935, poinçon août 1935, BD 209XX, poinçon janvier 1939, BD 322XX, canon 8/1939, arme au numéro de série les plus élevé connu et probablement du dernier mois de production.


Fusil modèle 1902

Là, on est dans de l'archi-connu, documenté et exact. Je reprends texto Claude Lombard, c'est pas la peine d'inventer.
La première commande est du 22 mai 1902, livrée en 1903 : 10 000 (A 1 - A 10000), à destination du Tonkin.
Commande du 21 février 1904, livrée en décembre 1904 : 4 500 (A 10001 - A 14500), 2 000 pour Hanoï, 2 500 pour Saïgon.
Commande du 11 avril 1906, livrée en Août 1907 : 10 000 (1 à 10000, pas de lettre préfixe), pour la Perse (Iran), vendue par l'intermédiaire de la Sté Schneider. Sachant qu'en 1932, par exemple, l'armée Iranienne est évaluée à 40 000 hommes, on imagine l'importance d'un tel achat. La commande était sensée être fabriquée à raison de 6 000 en 1906 et 4 000 en 1907. Il semble que cela ait été un peu plus tardif que cela : Deux armes connues 15XX, canon 1907 et 54XX, canon 3/1907. Hausse pour la balle M. Pas d'armoiries ou de signe particulier en dehors de la numérotation sans lettre préfixe.
L'année 1907 pour les 1902 destinés à l'armée française est un peu compliquée :
- commande du 17 juillet 1906, livrée en décembre 1907 : 3 000 (A 14501 - A 17500), pour le département des colonies. Deux armes connues : A 154XX (canon 7/1907) et A 153XX (canon 8/1907).
- Commande du 13 mai 1907, livrée en décembre 1907 : 200 (A 17501 - A 17700), pour le département des colonies.
Ces armes sont les premières du modèle à recevoir une hausse dont les gradins peuvent à la fois servir pour la balle M et pour la balle D. Théoriquement, elles devraient donc recevoir le marquage "MD" sur le boîtier de culasse. Il ne semble pas que cela ait été le cas.
- Commande du 3 décembre 1907 (livrée 1908?) : 1 000 (A 17701 - A 18700), pour la Garde de l'Annam.
Commande du 23 février 1910 : 1 300 (A 18701 - A 20000), pour la Garde de l'Annam.
Commande du 14 février 1911 (exécution en 1911-1912?) : 2 500 (A 20001 - A 22500), Garde de l'Annam? Ces armes verront leurs baïonnettes raccourcies pendant le temps de l'exécution de la commande en 1912. Arme connue : A 208XX (canon 1911). Celle-là a bien le marquage "MD".

La commande de 300 armes pour 1914 est annulée en raison de la guerre. Il est possible qu'elle ait reçu un commencement d'exécution et que des boîtiers 1902 aient pu se retrouver ultérieurement sur d'autres modèles d'armes.

C'est un total de 22 500 fusils modèle 1902 de "tirailleur indochinois ", dont 6 700 "MD", + 10 000 modèle 1902 "persans" qui ont été produits.
Parmi eux, 1715 sont modifiés en 1902 M16 en 1925. Je passe sur le 1902 M37. Il s'agit d'armes de la Section d'Etudes, pour tout dire des protos, jamais vus.

Passons donc aux 1902 M16 "purs":
Commande de 1920 : 10 000 (A 22501 - A 32500), arme connue, A 283XX, réception d'août 1923, boîtier "Tulle Mle 16", comme les mousquetons de la même époque.
commande de 1921 : 2 200 (A 32501 - A 34700)
Commande de 1924 : 1 000 (A 34701 - A 35700)
Commande de 1925 : 1 000 (A 35701 - A 36700)
Commande de 1926 : 4 950 (A 36701 - A 41650)
Commande de 1927 : 3 000 (A 41651 - A 44650)
Commande de 1928 : 3 100 (A 44651 - A 47750)
Soit un total de 25 250 1902 M16..

Fusil modèle 1907

L'étude d'une arme spécifiquement destinée aux tirailleurs sénégalais remonte à décembre 1904. Les crédits nécessaires ne sont disponibles qu'en 1907.
Commande du 18/05/1907, terminée en 1908 : 10 000 fusils pour l'AOF et 2 500 pour le Congo (A 1 - A 12500).
La dépêche ministérielle 34117/2/3 du 18/09/1907 nomme ce modèle "fusil de tirailleur sénégalais modèle 1907". Il est ensuite décidé d'élargir l'attribution de ce modèle aux autres troupes coloniales à pieds (sauf indochinoises). La dépêche 22859/2/3 du 19/06/1908 le renomme donc "fusil colonial modèle 1907".
1908 : commande de 10 exemplaires, pour parer à d'éventuelles demandes (A 12501 - A 12510).
1909 : 818 fusils commandés et fabriqués : 500 pour le Congo, 263 pour la Côte d'Ivoire, 15 pour parer à toute demande, 40 pour d'autres destinations (A 12511 - A 13328).
1910 : commande de 2 416 (A 13329 - A 15744) C'est à ce lot qu'appartiennent l'arme d'un ami ainsi que celle d'Helix: http://tir-collection.forumactif.org/les-armes-francaises-f6/fusil-modele-1907-dit-colonial-t3078.htm

1911 : 1 000, commande de réserve (A 15745 - A 16744)
1912 : 1000, commande terminée en 1913, comprenant 240 pour le Dahomey, 200 pour la Guinée, 158 pour l'AEF (A 16745 - A 17744)
1913 : 6 103 (A 17745 - A 23847). Celles-ci sont marquées "MD" comme nous l'a montré Robert Olivier : http://tir-collection.forumactif.org/les-armes-francaises-f6/fusil-mle-1907-md-part2-t3130.htm
Là encore, Lombard est muet sur l'affectation. re-désolé!
1914 : 722 terminés sur une commande de 2 400 finalement annulée. Les 722 (A 23848 - A 24569?) sont transformés en 07/15 (?) en janvier 1916. Les armes restantes à divers stades de montages, les pièces (boîtiers de culasse...) vont servir à faire la transition vers le 07/15, ou vont servir pour monter des 07/15, avec des caractéristiques pouvant être à mi-chemin des deux armes. Certaines armes avec leur canon déjà monté ont pu garder leur numéro de 1907. D'autres armes ont reçu des canons de 07/15 numérotés dans la série de cette dernière arme.
Il y a donc eu 23 847 modèle 1907 montés et il est possible que 2 400 armes supplémentaires présentent encore certaines des caractéristiques du 1907 tout en n'étant plus tout à fait de ce modèle.
Théoriquement, seule Châtellerault a monté du 1907. Néanmoins sont parfois signalées des armes à boîtiers de Saint-Etienne, mais qui présentent des caractéristiques inhabituelles (non matriculées, portant la marque d'un fabriquant privé ou si avec matricule de Saint-Etienne, sans date d'épreuve ou de marquage de manufacture).
Voir à ce sujet l'arme de professeur sur ce site, http://tir-collection.forumactif.org/les-armes-francaises-f6/fusil-berthier-mle-1907-part3-t3144.htm, ainsi que "fusils et carabines de collection" 2ème édition (Crépin-Leblond), par Pellaton, Caranta, Bonsignori et Jordanoglou, fiche N° 175 Page 109..

Fusil modèle 07/15

Nous voici arrivés dans une portion assez mal connue de l'armement français. En-dehors de son physique disgracié de grand échalas dégingandé, le "07/15" souffre de divers handicaps qui n'aident pas à sa connaissance : l'absence totale d'archives connues de Saint-Etienne quant à sa production et la très petite proportion d'armes survivantes ayant encore leurs marquages de crosse. On a abouti à un certain obscurantisme, voire à des contre-vérités flagrantes. Il est assez curieux que l'on admette que le 92 M16 ait pu être produit à plusieurs centaines de milliers d'exemplaires avant la fin de la première guerre mondiale et que l'on affirme par ailleurs que le 07/15 M16 n'ait existé qu'en très faibles quantités sur la même période.
Ne vous attendez pas à trouver des informations définitives. Quelques avancées là où le terrain est ferme, pour le reste, un marigot d'incertitudes, le 07/15 ayant lui aussi son lot d'arme bizarroïdes qui ne trouveront peut être leur explication que quand on aura davantage de données.

Comme disait Frank Herbert, "les débuts sont toujours un moment délicat". Un petit retour en arrière donc, sur le 1907.
Dès 1910, le nouveau fusil colonial avait révélé certains défauts que la MAC tâchait encore d'éliminer, en introduisant certaines modifications quand a éclaté la 1ère guerre mondiale. Elle n'avait plus les outillages pour le Lebel et était entièrement reconvertie dans diverses armes du système Berthier. Dès novembre 1914, la MAC recevait l'ordre d'abandonner la production du mousqueton et de la remplacer par celle du fusil 1907. Des améliorations dictées tant par les déboires des coloniaux que par des simplifications et des standardisations avec le Lebel aboutirent au modèle 1907-15. Les tables de construction approuvées le 26 février 1915, la production pouvait démarrer à la MAC ainsi qu'à la MAS.

On va commencer par de l'archi-connu(?), les prévisions de productions journalières (multiplier par 25 pour avoir, en gros, la production du mois). Elles étaient, pour les deux manufactures, je pense. Mais difficile de savoir quand St-Etienne a démarré exactement.
mars 1915 : 200/jour
avril 1915 : 350/jour
octobre 1915 : 550/jour
au 1er novembre 1915 : 600, voire 800 au 15 novembre avec le concours de l'industrie privée.
Production réelle, cette fois:
décembre 1915 : 1 360/jour
Juillet 1916 est le pic de la production : 101 511 fusils produits ce mois là, dont probablement au moins 80% de 07/15. (3 200/jour).
Les mois suivants, on retombe probablement à 2 600/jour (70 000 par mois, 07/15 et Lebel compris).
En novembre 1916, le rythme de production suivant est envisagé pour le 07/15 puis le 07/15 M16 :
Janvier 1917 : 2 600
avril 1917 : 2 000
juillet 1917 : 1400
octobre 1917 : 1400
janvier 1918 : 1400
avril 1918 : 800
juillet 1918 : 200

Certaines productions, grâce au livre de Claude Lombard, sont bien connues :
-Châtellerault :
435 771 modèles 07/15 (A1 - E 35771, peut être E 38771 du fait de 3000 armes reçues de Remington)
1915 : A 1 - environ E 90000. A 28000 vers juillet 1915, A 40000 vers août 1915, A 80000 mi-décembre 1915 (et fin des pommeaux coudés).
1916 : environ E 90000 - B - C
1917 : D - E 35771 ? (E 299XX : Août 1917). Il est à noter que les armes observées dans la série "E" ont des boîtiers Continsouza ou de Saint-Etienne. Vous constaterez que pour les mousquetons 1892, cela se produit à partir d'avril 1917.

07/15 M16 : 370. Je pense qu'il s'agit d'armes faites avec des "restes" et que la MAC, au moment du passage au M16 s'était spécialisée exclusivement dans le mousqueton. Certains ont extrapolé de ce chiffre que Saint-Etienne avait également peu produit de 07/15 M16. C'est oublier que la MAS s'était elle aussi spécialisée.

Saint-Etienne :
Le gros de la troupe. La transition entre le 07/15 et le M16 est un peu difficile à situer avec précision. Il y a par ailleurs une grosse confusion dans les armes des séries L et M (peut être au moment du gros ralentissement d'après juillet 1916, d'où un stock de canons pas forcément montés dans l'ordre des dates d'épreuve par la suite). Il y a des doutes quant à savoir si certaines lettres ont été utilisées (N? FL?)
Je ne peux donc donner que des ordres de grandeur avec de vagues périodes de fabrication. Je m'en excuse.

07/15 : environ 1 000 000 à 1 200 000 produits de 1915 à 1917 (Octobre?)
1915 : F - G, peut être H?
1916 : H?- J -K - M? quid du N? (K 45XX, mars 1916; K 911XX, juin 1916)
1917 : L? - P - Q - FG? -FH? (P 77XX, mars 1917; Q 17XXX, mai 1917)

07/15 M16 : 400 000 à 600 000
1917 : FG? - FH ?- FJ - FK? (FJ 696XX, novembre 1917)
1918 : FK? - quid de FL? - FM (FM 555XX, juillet 1918)
1919 et suivantes : FN (FN 368XX, avril 1919 ; FN 645XX, date inconnue)

On peut estimer à environ 1 500 000 07/15 et M16 la production de la MAS pendant la guerre. Et le nombre de M16 ne saurait être inférieur à 200 000 sur cette période.

Etablissements Delaunay-Belleville :
Officiellement 169 356 modèles 07/15 (et M16?). Matricules A et B en lettres romaines et pas cursives. J'avais un B 697XX de janvier 1918 qui collait assez bien avec les chiffres officiels. Mais j'ai depuis un B 908XX qui me fait me gratter la tête. Impossible de savoir si les armes de janvier 1918, bien qu'ayant des boîtiers marqués 07/15, n'avaient pas de magasins 5 coups. Les armes de novembre ou décembre 1917 étaient encore à 3 coups.

Remington :
9 444 réceptionnées en France (?) : le premier lot intégré dans la série de Saint-Etienne avec matricule en "J" (Cf. Lombard). Une autre arme connue en E qui peut appartenir au dernier lot de 3000 retapé à la MAC.

L'utilisation attestée de la lettre N va permettre de raffiner les chiffres. Nous aurions donc un minimum de 1 455 500 à 1 555 500 07/15 et 07/15 M16 produits à la MAS pendant la première guerre mondiale (en fait chiffre théorique de juillet 1918 et selon que l'on considère que la série FL a été sautée ou non).
Le calcul nous donne le résultat suivant :
2 387 541 (production totale des fusils en manufacture pendant la guerre)
- 200 000 (Lebel produits)
- 86 000 (RSC 1917)
- 436 141 (production de la MAC)
=1 665 400
- 146 000 (1874 M14, est-ce une production de fusils ou non?)
=1 519 400
Les deux chiffres sont possibles.
Avec la production d'après-guerre, cela pourrait faire un total de 1 564 500 à 1 664 500 fusils 07/15 et M16 produits.

Situer le passage au M16 présente certaines difficultés. jugez-en vous même. Des armes à boîtier marqué "M16" sont attestées dès le numéro FG 822XX. Mais elles peuvent être très bien à trois coups (voir les 1892 à boîtier M16 et 3 coups). Difficile de savoir avec les transformations à cinq coups d'après-guerre. D'autant que des boîtiers marqués 07/15 font encore irruption après (voir là encore la fin de production du 1892). L'arme FH 696XX, de ( mois en -embre, septembre?) 1917, a un magasin 3 coups et elles est "tout au même numéro". Je sais bien qu'à notre époque de faussaires, ce n'est pas une garantie, mais je ne vois pas un faussaire coller un "3 coups" sur un boîtier M16. La FJ 696XX de novembre 1917 est à coup sûr un M16 "pur". Je vois mal Saint-Etienne, premier fabricant des magasins 5 coups, en fournir à la MAC dès octobre et ne pas en utiliser dans le même temps. Cela donne donc un fourchette de 100 000 armes pour le passage du 07/15 au M16. Soit entre 1 169 600 et 1 269 600 07/15 produits. Et donc une fourchette de M16 "purs" comprise entre 294 900 et 494 900 exemplaires..

Divers

1874 M14 : 146 000 produits entre fin novembre 1914 et fin octobre 1915. Les armes conservent leur numéro de série d'origine. En fait, il semble qu'une transformation à répétition des fusils 1874 était aussi à l'ordre du jour. Etudiée dès Décembre 1914, la production devait démarrer fin févier 1915. Tout fut arrêté en avril 1915. Combien ont été produits? quel(s) système(s) utilisaient-ils?

Fusil Meunier A6 mle 1916 : 1013 exemplaires fabriqués (Huon) R1 à R 1013? Une fois n'est pas coutume, je fais des infidélités au 8 mm Lebel. On doit cette arme au Contrôleur d'Armes Principal Meunier, de la Section Technique de l'Artillerie. Ce monsieur a, si l'on en croit Boudriot, quelques responsabilités déjà dans le F.S.A. A-1 réalisé avec le Capitaine Pralon (essais de 1894-1898, calibre 6 mm , 8 coups). Une carabine semi-auto de cavalerie, appelée A-4, de calibre 6 mm à 5 coups, est dérivée de la précédente, avec toujours Meunier aux commandes. Elle est testée, avec succès selon Boudriot, en ne donnant pas toute satisfaction selon Lombard, par le 9ème Cuir, le 24ème dragon, les 7ème, 13ème et 14ème Hussard et enfin le 2ème chasseur dans les années 1900. Elle n'est pas adoptée.
Un fusil A-6 de calibre 7 mm à 6 coups est testé, une fois encore avec succès et même envisagé comme pouvant être adoptable en 1910 (Boudriot). Les essais et recherches se poursuivent toujours en 1912 (Lombard). Une petite série est fabriquée en 1913 (Boudriot encore) ou sa fabrication est seulement envisagée (Huon). La fabrication en grande série est mise à l'étude en 1915 et la fabrication démarre au début de 1916 avec la participation de la MAC, de la MAS et de la MAT. Par exemple, la MAC fournit les ébauchés de certaines pièces mécaniques, usinées par la MAS. Certaines petites pièces, ainsi que la baïonnette, sont également fournies par la MAC à la MAT qui assure le montage de l'arme. L'arme fut essayée en 1917. 834 furent envoyés au front (Huon) et 18 testés au cours spécial de tir de Maisons-Laffitte (Lombard). Le fusil représenté dans le Boudriot est daté de janvier 1917 et est sensé avoir le numéro 230(?). Une arme entre les mains d'un collectionneur américain a le numéro R 10XX et est datée de juillet 1917. Les deux sont à canon MAT 1916. Le boîtier de culasse est marqué sur la face gauche "Mier A6 Mle 1916 Tulle". Selon le Directeur du cours spécial de tir, arme ayant tendance à s'échauffer. Selon Foch, fusil trop long et encombrant dans les tranchées, il faut étudier des armes plus courtes et des cartouches plus petites avec les mêmes qualités balistiques (décembre 1917).
Finalement, la DM 6519 d'Août 1918 reprend (entre autres) l'argument du fusil trop encombrant. Meunier tentera une dernière fois sa chance avec une version carabine sans postérité.

R.S.C 1917 : Environ 86 000 produits entre mars (février?) 1917 et septembre 1918. F 1 à F 86000 (c'est un des rares endroits où Lombard se plante complètement en parlant de matricules en A et B). La production n'a jamais dépassé les 900/jour et a toujours été en-deçà des prévisions. ainsi, en juillet 1917, on est rendu au numéro F 187XX. Et en janvier 1918, à F519XX. La quasi-totalité des armes a des canons de 1917 (F 822XX, canon 11/1917), sauf pour les versions courtes qui sont de 1918 (F5XX, canon MAS 1918). Le rythme moyen de production est de l'ordre de 4500-5000 armes par mois. Ainsi, en mars 1918, elle est de 6850, en juillet de la même année, de 3750, et le dernier mois, août 1918, 6525.
En Mars 1918, la MAS reçoit une commande pour 4000 RSC 1918.
RSC 1918 : 4 000 (F1 à F 4000), exemples : F 19XX (transformée à répétition manuelle), F 32XX de juin 1919.


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