Rechargement d ' un Peabody Martini Turc

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Message  Vivat Hussar le Jeu 15 Fév 2018, 12:29

Comme vous parlez du rechargement des cartouches à poudre noire avec balles calepinées papier,je vais essayer d 'apporter une pierre à l ' édifice.

Je tire avec un Peabody Martini Turc en 11,15x 59R et, aprés avoir fait des recherches pour localiser du matériel de rchargement. J'ai commandé chez Buffalo arms le jeu d ' outils pour ce calibre ainsi qu ' un moule à balles ref : 450495 marqué Jim Baco. Pour les douilles ( aprés des essais sans lendemain d' étuis 348 Winchester j ' ai adopté des douilles cal. 32 de chasse de chez Magtech) . Aprés chauffage au rouge de la partie supérieure, la partie contenant le logement d ' amorce baignant dans de l ' eau, je refroidie l ' étui en le basculant dans l 'eau.j ' effectue ensuite le rétreint avec l ' outil de recalibrage . Opération classique que tous les utilisateurs d ' armes tirant une cartouche d ' un calibre qui n ' est plus utilisé connaissent.

J ' ai fait les premiers tirs avec des projectiles venant de ce moule . Avec 4g 50 de Pn Mousquet ( chargement classique avec interposition entre la poudre chargée avec un tube d ' un gramme de semoule et d ' une rondelle de graisse) le recul était assez tonique .

C ' est pour cela que j ' ai essayé le tir avec une balle calepinée. En deuxieme achat j ' ai fait venir ( toujours du même fournisseur) un moule à balle pour calepins Ref:441520. J ' ai trouvé dans un plan SFM d ' époque, pleins de renseignements ( diamétre intérieur du collet, du projectile avec ou sans le calepin,poids de la balle, épaisseur du papier,dimension du pallélogramme pour déterminer les dimensions du calepin, épaisseur de la rondelle de cire). J ' ai pu ainsi fabriquer des cartouches. Il faut quand même prendre quelques précautions.Il faut fabriquer ou faire fabriquer un évaseur maison ayant un angle de 15° préconisé dans le livrede Paul Matthews ( Paper patching Bullets) à la partie supérieure et un diamètre légèrement inférieur au diamètre de la balle calepinée pour que au moment du chargement le calepin ne force pas. Dans ces documents ,on préconise aussi d ' enrouler le papier dans le sens contraire des rayures. Comme dit Verchère la balle doit rentrer dans la douille sous la pression des doigts.Les essais de chargement classique avec enfoncement de la balle et sertissage avec l' outil ne mènent la plupart du temps
qu ' à un déchirement du calepin.

Pour mener à bien le calepinage du projectile,je mouille le papier (épaisseur ; 0,04 mm ) dans de l ' eau additionnée d' une petite quantité de blanc d ' œuf en poudre ou de farine pour assurer un meilleur serrage ,les rayures Henry étant assez profondes.

Comme la balle coulée avec le moule de chez Buffalo arms ne comporte pas de cavité à l ' arrière, quand on enroule le papier, on se retrouve avec un tortillon qui peut ètre coupé aprés séchage pour avoir une base plus plate. Personnellement j' ai fait en modifiant un emporte pièce un appareil semblable au plan qui se trouvait dans l ' article consacré aux balles calepinées du bulletin des Arquebusiers de France du troisième trimèstre 1989 ( C' est loin).

Comme pour le projectile classique j ' interpose entre la poudre et la balle, 1g de semoule, une rondelle de carton biere , une rondelle de feutre graissé et une rondelle de papier fin. Chargement de la poudre à la colonne. Sertissage très léger en suivant.

Le tir avec des balles calepinées demande de la patience et beaucoup de soins mais aussi le plaisir de retrouver les méthodes qui sont accessibles utilisées dans les années 1880 avant la généralisation des balles blindées dans les armes de guerre.

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Message  deGuers le Jeu 15 Fév 2018, 17:06

C'est un bon début .
Pour tirer la balle calepinée ( bc ) il faut :
- un canon aux rayures nettes , non piquées , pour les fonds comme pour les cloisons . Si ça n'est pas le cas , rester à la balle à gorges graissées .
- une chambre lisse sans défaut , ne présentant pas un Step trop abrupt , et de préférence un Throat allongé et conique pour balle calepinée .
Certaines chambres sont inaptes à accepter la bc .
- se confectionner une pige ( acier , alu ) à plusieurs diamètres étagés , de façon à mesurer au plus juste le Bore Diameter ( diamètre d'alésage , sur les cloisons  ) ; le diamètre des fonds est presque sans importance .
- se procurer du vrai papier à calepiner ; Onion cotton Paper de chez Buffaloarms par exemple . Il a une trame et il faudra en tenir compte à l'enroulement .
- appliquer la règle de Paul Matthews pour trouver le diamètre de la balle lisse à utiliser : soit pour un tir en PN , soit en PSF . Les calculs ne sont pas les mêmes .
- une fois le bon moule acheté , couler ladite balle au bon aloi . On peut jouer sur la dureté et donc sur le diamètre , mais c'est marginal surtout en PN où l'aloi sera très mou .
- se confectionner une petite  " table " pour faciliter l'enroulement et le guidage du calepin . Il y a une règle pour le sens , mais il est bon d'essayer les deux sens .
- supprimer le tortillon au cul de la bc une fois sec ; je laisse un peu de calepin en périphérie et le cul en plomb est apparent .
- j'aime passer au petit pinceau une couche de Rooster sur le calepin en dehors de l'étui ; le suif animal va bien aussi .
- une fois la bc enfoncée au doigt dans l'étui ( évaseur au diamètre bien choisi ) et au contact ( ou non ) des rayures , on calcule le volume restant dans l'étui .
C'est la position de la balle qui détermine la charge et non l'inverse .
- charge descendue lentement au Drop Tube ( au moins 10 s en cal .45 ) puis légèrement comprimée , environ 6 mm en .45  ( Compression Die ) . Ne jamais la comprimer en se servant du cul de balle .
- le choix de l'amorce : le plus souvent Magnum mais pas toujours . A siéger au Ram Prime pour une " tension " répétitive d'une cartouche à l'autre .

Comment sait-on que la mayonnaise va prendre : au tir et dès la sortie totale de la bc à la bouche du canon , le calepin finit de se dérouler et se retrouve au sol à 3-5 m devant le canon sous forme soit de bandes plus ou moins en accordéon ( on retrouve là les cloisons des rayures ) , soit une pluie de confettis .
Si dès les 100 m la balle n'est pas stabilisée en cible ( trou ovale ) , c'est que l'on s'est planté quelque part .

J'ai appliqué avec bonheur les conseils de Paul Matthews Rechargement d ' un Peabody Martini Turc 2863987946 pour de la bc pour mes calibres :
.45-70 , Hi Wall 1885
.45-90 , Rolling Block John Bodine
.45-75 , Chaparral 1876
.38-90 , custom sur base de Rolling Block
.38-90 , custom sur base de Comblain belge .

Les avantages de la balle lisse  calepinée sur sa soeur à gorges :
Pas de contact du plomb avec l'acier du canon .
Trajectoire plus tendue , moins de réglages au dioptre .

Les inconvénients : obligation de nettoyer entre les coups si l'on n'utilise pas de Grease Coockie ; c'est mon cas .
La mise au point est un tantinet plus délicate du fait de la bonne adéquation à trouver dans les diamètres alésage canon - balle lisse .
Sinon , que du bonheur .

J'ai obtenu de bons groupements à 300 et 400 m ; mais pas encore au niveau des champions américains il est vrai . salut

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Message  Verchère le Ven 16 Fév 2018, 03:16

Faut pas non plus exagérer ou trop généraliser...
Les formules de P. Matthews sont plutôt destinées à des canons neufs "prévus et chambrés à cet effet", et l'auteur admet bien des transgressions quand il s'agit de matériels à cotes plus fantaisistes.

Dans des rayures piquées ou mal polies (celles de mon RB suédois par exemple, où l'on voit encore les stries de l'alésoir), jusqu'à un certain point le calepin peut résister. Alors qu'en balles graissées l'emplombage débute immédiatement.
Le tortillon je le cisaille au coupe-ongles lorsque le calepin est sec, lui laissant environ 2 mm de longueur. Qui se logent dans la rondelle de cire, pré-percée à cet effet ; en appuyant ensuite la cire avec le doigt, elle se forme sur le moignon de tortillon et y reste relativement fixée.
Le sens d'enroulement du calepin, a surtout un intérêt avec des armes anciennes, dont les arêtes de rayures sont usées et risquent de ne pas trancher le papier. Je ne saurais dire dans quel sens l'enrouler : il faut se représenter la balle tournant sur elle-même dans l'air, pour "voir" l'air s'engouffrer sous le calepin, le soulever et le dérouler...
Au siégeage, si le collet est à peine chanfreiné il est inutile de l'évaser, à condition que l'expandeur soit à la cote optimale. Disons entre [Ø_sur_calepin] et [Ø_sur_calepin x 1.003], avec ensuite une portée cylindrique d'évasement, [Ø_sur_calepin x 1.004] ; la portée cylindrique évite la formation d'une "trompette" sur les douilles un peu plus longues, qui seront simplement évasées un peu plus profond. Ce qui impose en fait de se fabriquer l'expandeur-évaseur sur mesures, avec une tolérance inférieure à + 0.01 / - 0.01 mm.
Le sertissage ne serait indispensable que dans une arme à magasin tubulaire ; il exige certainement une précision rigoureuse (mais dans le temps ils l'ont fait, donc on peut le faire). Avec un sertisseur radial genre "Crimp-Die LEE", ça ne doit pas poser de problèmes si on sait se modérer (sinon couic, on coupe le calepin).

Pour "tirer sans se compliquer la vie" à 100 mètres, le calepinage ne demande pas tant de méticulosité que pour se classer en concours à 500 mètres ou plus...
Et plutôt moins d'investissements que la balle graissée.

Mais bon, je peux pas me vanter de cartons mirifiques, même à 100 mètres : avec les instruments de visée de ces vieux engins, j'ai quelques sérieuses difficultés d'ordre visuel ! Ce qui n'interdit pas de soigner la munition... Mais empêche certainement d'en tirer le meilleur parti !

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Message  Vivat Hussar le Sam 17 Fév 2018, 14:39

Je voie que le tir à poudre noire a encore ses partisans en particulier letir avec des cartouches Pn et balles calepinées.

Lors de mes essais j' avais vu comme Deguers je pense, le problème du bon positionnement du calepîn sur le projectile. Certains préconisent de tracer un trait intermédiaire pour bien disposer la balle avant l ' enroulement du papîer. J ' ai préférer fabriquer une plaque avec deux cales pour bien positionner les deux éléments .

Je tire aussi avec un Sharps 1874 en 45/70 fabriqué par C Sharps arms . Le canon à un throat assez important, ce qui permet de tirer une balle de 500grains avec 4g 20 de PN.

Il ne me reste plus qu ' a mettre en application les renseignements que vous m ' avez aimablement donné.Remerciements

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Message  Verchère le Dim 18 Fév 2018, 06:18

Calepiner une balle, quand on a l'habitude de rouler des clopes parfaitement régulières, c'est pas trop un problème. Mais avec une mini-planchette adéquate (trait-repère pour le papier et butée de départ pour la balle), c'est plus reposant...
La difficulté pour moi est surtout de me retenir de trop serrer le tortillon ; sinon crac !

Le chargement en PN, si on veut une cartouche puissante c'est plus simple que la PSF : avec une bonne arme, la charge maxi est fixée par la capacité de la douille ! Tandis qu'en PSF on a vite fait de franchir la limite...
Sur certaines armes le nettoyage n'est guère pire qu'en PSF. Avec des balles graissées jusqu'au collet, la crasse corrosive ne remonte pas dans la chambre ; il suffit d'y coincer un entonnoir bricolé sur mesures pour éviter les dégoulinures dans le mécanisme, et on peut ramoner par l'arrière avec la bouche plongée dans un pichet d'eau très chaude (changée 3 fois, ou 3 pichets côte à côte). En terminant le rinçage par un versement d'eau bouillante dans l'entonnoir, le canon est brûlant et sèche presque instantanément.
Au total c'est bien plus rapide que le nettoyage classique PSF, en passant une infinité de chiffons jusqu'à ce que le dernier ressorte aussi propre qu'il est rentré.

Mais avec un revolver (p.ex. 73) ou certaines carabines (p.ex. Martini) la baguette ne peut pas rentrer par l'arrière dans le canon ! Il faut se fabriquer une "baguette souple" en câble d'acier gainé plastique ; et éventuellement (pour un revolver) un "écouvillon court" en fil de cuivre torsadé pinçant une nappe de crin de cheval...

Sur d'autres armes, carabines compliquées et peu démontables (p.ex. Winchester 73) ou revolvers à extracteur collectif, le lavage à l'eau bouillante et au savon pose beaucoup plus de problèmes. Le recours à la PSF peut alors se justifier...

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