Manufacture d'armes blanches de Klingenthal

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Manufacture d'armes blanches de Klingenthal

Message  Winchester 1866 le Mar 23 Sep 2014, 22:53

Salut
Pour donner une suite à l'article que je vous avait présenté sur ''NAISSANCE D'UNE BAÏONNETTE MODERNE AU XVIIème''  http://www.tircollection.com/t18035-pour-eventuellement-demarrer-une-rubrique-sur-les-baionnettes

Je vous propose un autre article sur la Manufacture d'arme blanche de Klingenthal sous le titre : 

1962, les martinets de Klingenthal se sont tus (publié dans la revue de l'AFCB)


 
 
L’aventure des Manufactures Royales d’armes aura été initiée en 1516 (ou 1535 selon les historiens) sous le règne de François 1er. Ce roi guerrier défenseur des arts et des lettres, fut convaincu par un ingénieur nommé Georges Virgile, que la région des trois vallées de l’Ondaine, du Gier et du Furan serait idéale pour y développer la fabrication d’armes à feu.
Ce choix était basé sur l’histoire ancestrale de cette région. Dans le village de Furania, le premier nom du village de Saint-Etienne. On y fabriquait déjà sous les romains des lames de glaives et autres armes blanches réputées.
Plus tard, au XIème siècle, Furania deviendra Furens et ce village, grâce à l’abondance de sa houille à fleur de terre, continuera d’attirer les ‘faberius’. C’est ainsi que l’on désignait les ‘forjerons’ (forgerons) avant le XIVème siècle.
La décision fut prise et Georges Virgile fut chargé d’organiser la fabrication des armes pour les gardes du roi. Il dû coordonner, rassembler et unifier les divers moulins et diverses forges des trois vallées. Ce furent les prémices d’une future Manufacture Royale qui verra le jour officiellement sous le règne de Louis XIV et l’organisation de Colbert. C’est en 1764, M. de Montbéliard, inspecteur de la Manufacture de Charleville qui fut chargé de concrétiser la Manufacture Royale d’armes de Sanctus Stephanus de Furano, pardon la langue officielle depuis 1539 est le ‘François’, c’est donc Saint-Etienne-de-Furan.  Merci François 1er…
 
A cette époque, il n’existait pas de manufactures d’armes blanches. Les lames "ordinaires", étaient fabriquées par des forgerons et autres fourbisseurs locaux. Les meilleures lames étaient importées de la Prusse Royale et provenaient de la plus renommée des Manufactures "Européennes", celle de Solingen. 
Cette situation perdurera jusqu'au milieu du XVIIème siècle et Solingen exportera ses lames d'exception vers le royaume de France et de Navarre.
Avec l'arrivée de la nouvelle arme, la baïonnette à douille de Vauban, Louis XV ne peut se résoudre à laisser une puissance étrangère, amie aujourd'hui mais potentiellement ennemie demain, avoir le monopole de la fourniture d'armes blanches pour le royaume de France.
 
Il demandera donc à son Secrétaire d'État à la guerre Nicolas Prospère Bauyn d'Angervilliers de remédier à cette situation et d'établir une Manufacture Royale d'armes blanches en son royaume.
 
La région qui fut choisie pour implanter cette Manufacture sera la Haute-Alsace, que nous appelons aujourd'hui le Haut-Rhin. Cette région n’a pas été choisie par pur hasard. Sa proximité avec l'Allemagne et son dialecte local proche de la langue Allemande en faisaient un choix de raison. Il devrait notamment, favoriser l'intégration d'ouvriers hautement qualifiés qui devront immanquablement être débauchés de la Manufacture de Solingen.

Si ce projet reposait principalement sur l’immigration de maîtres ouvriers en provenance de Prusse, c'est qu'il avait été envisagé de charger ces experts de former les ouvriers français et d’amener rapidement cette Manufacture à l'excellence exigée par Louis XV.
Parmi les obligations formulées par le Roi, il en était une qui était incontournable. Pour que cette Manufacture obtienne un monopole de fabrication. Il fallait que la production de cette nouvelle Manufacture Royale soit en tout point au minimum égale à celle de la Prusse. Là, le pari n'était pas gagné. S'il existait en France de bons fourbisseurs, aucun ne détenait les secrets de fabrication de Solingen qui permettaient aux lames d'être si résistantes, si souples et si belles.
Un autre point important pour le choix de cette région était la présence d'un ami du roi Louis XV, Monsieur Henri Anthès qui exploitait et dirigeait différentes forges dans cette province.
 
Henri Anthès, proposera que la nouvelle Manufacture soit construite dans une vallée de l'Ehn en amont d'Obernai qui était à cette époque faiblement peuplée, ce qui simplifierait les expropriations nécessaires.
 
C’est probablement à partir de 1731 que cette tranquille vallée sera désignée "Klingen-thal" ce qui veut dire en Allemand "la vallée des lames". 
Ce choix était particulièrement judicieux, de part la présence de l’Ehn, une rivière d'eau douce obligatoire pour la production de l'énergie nécessaire au fonctionnement des usines et surtout, pour ces vertus qui seraient exceptionnelles pour la trempe de l'acier. 
Cette région avait également d’autres avantages. Il serait de plus aisé de trouver sur place les matériaux indispensables tels que le bois ou le grès pour la construction, la fabrication des meules et l'exploitation de la Manufacture. La proximité du Rhin permettrait également de simplifier le transport de la matière première et l'évacuation des armes produites vers l'Arsenal de Strasbourg.
 
La décision sera prise et c'est par lettres patentes en date du 13 juillet 1730 que Louis XV l'annoncera.
 
Compiègne, le 15è jour de juillet, l'an de grâce 1730, et de notre règne le 15è.
 
Louis par la grâce de Dieu, Roi de France et de Navarre.
A tous ceux qui ces présentes lettres verront ; Salut l'attention particulière que nous avons toujours eue depuis notre avènement à la Couronne, à l'exemple du feu Roi notre très honoré Seigneur Bisaïeul à ce qui peut contribuer au bien de notre Service et à l'avantage de notre État, Nous a fait accepter volontiers la proposition qui nous a été faite par notre bien-aimé Henri Anthès demeurant à Oberbruck en notre Province d'Alsace d'établir, sous notre bon plaisir une Manufacture d'Armes blanches en notre dite Province. où il fera fabriquer toutes sortes d'armes de cette espèce à l'usage de nos troupes tant d'infanterie, de cavalerie et dragons que de houssards, de la même qualité que celles qui se fabriquent à Solingen suivant les échantillons qui en ont été approuvés, en lui accordant en même temps un privilège exclusif à tous autres pour trente ans, et des exemptions de droits, et franchises, tant pour les ouvriers qu'il emploiera à la fabrique desdites armes que pour les matières nécessaires à ladite fabrication, et aux autres conditions que ledit Henri Anthès Nous a fait proposer et qui seroient insérées dans les lettres que Nous aurions agréable de lui faire expédier à et effet…
 
(Ce document sera rédigé le 23 décembre 1730, signé "Louis" et contresigné par le Secrétaire d'État à la guerre Nicolas Prospère Bauyn d'Angervilliers.
 
Voilà, l'ami du roi, Henri Anthès, est donc intronisé maître absolu du devenir de la nouvelle Manufacture Royale pour une durée de 30 ans. Il aura pour associés Mackau d'Hurtigheim, le Sieur Weidmann et Abraham Peters. Les lettres patentes précisaient également qu'il serait interdit à quiconque, autre qu'Henri Anthès de fabriquer des armes blanches dans cette région. Le contrevenant encourant une amende de 10 000 livres qui seront réparties un tiers pour le Roi, un tiers pour les hôpitaux des lieux et un tiers pour Henri Anthès.
Cet honneur qui lui est échu n'était pas sans risque. Il avait également été choisi car sa fortune personnelle lui permettait d'investir dans cette opération. De plus en acceptant cette charge, il s'engageait également à vendre sa production aux armées du roi 10 % moins chère, à qualité égale, que les armes fournies par Solingen.
Le roi sortira de sa cagnotte 50 000 livres dont 25 000 livres pour la construction et l'aménagement des bâtiments de la Manufacture, et 25 000 livres en remboursement des sommes avancée par Anthès pour ses frais engagés y compris le dédommagement des ouvriers en provenance de pays étrangers. 
La Manufacture n’était pas composée d’un bâtiment unique mais selon le modèle de Saint-Etienne, elle était composée d’une multitude de petits bâtiments dédiés chacun à une opération particulière. Cela transforma la vallée des lames en petit village.   
 
Henri Anthès eut de grandes difficultés pour obtenir les ouvriers qualifiés de Solingen car les armuriers de Manufacture gardaient jalousement leurs secrets de fabrication. Ils leur étaient interdits de quitter la ville de Solingen sous peine de confiscation de leurs biens et de représailles menées à l'encontre de leurs familles. Dans le cas où ils seraient rattrapés, ce n'était rien de moins que la peine de mort qui les attendait.
Ces ouvriers étaient pourtant indispensables pour l’aboutissement de cet ambitieux projet aussi, une astuce fut trouvée.
Un importateur d'armes, Abraham Peters, natif de Solingen qui était installé à Kehl fut chargé de faire venir à prix d'or : un maître affineur avec son compagnon, deux maîtres forgeurs et leurs deux compagnons, un maître trempeur, un maître aiguiseur avec son compagnon et un maître graveur doreur. Pour ce service rendu, et en dédommagement, suite à la future disparition (réduction) des importations en provenance de Solingen, Abraham Peters percevra la somme de 6 000 livres en provenance directe de la cagnotte Royale.
C'est dans le plus grand secret que ces hommes d'exception quitteront la Manufacture de Solingen pour devenir les experts de la nouvelle Manufacture Royale d’armes blanches.

Si la présence de ces maîtres ouvriers permit de démarrer l'entreprise elle ne fut pas suffisante et les premières années de production furent difficiles par manque de main-d'œuvre spécialisée. Les maîtres ouvriers allemands refusant pour la plupart de former des apprentis et certains d'entre eux décidèrent de retourner dans leur pays.
Tous ces aléas ne firent que retarder le démarrage de la nouvelle Manufacture. Le taylorisme n'existait pas encore et chaque ouvrier était un artisan professionnel responsable de son travail du début à la fin. Ce système impliquait que la qualité finale était dépendante du travail de chaque spécialiste
 
Pour remédier au manque de qualité inhérent au démarrage de cette entreprise, Henri Anthès décida de mettre en place un système qualité exceptionnel pour l'époque. 
Cette nouvelle organisation du travail permettait de contrôler chaque étape de fabrication avant d'autoriser l'élément fabriqué ou usiner à poursuivre sa route vers le produit fini. Cette rigueur du contrôle inter-opérations, directement issue de la Manufacture de Solingen, permis à la Manufacture Royale de Klingenthal de produire des armes blanches de qualité conformément au souhait de Louis XV et de se faire une remarquable réputation dans ce domaine.
Pendant cette longue route de l'apprentissage de la qualité, des lames étaient toujours importées et fabriquées par des fourbisseurs privés car la Manufacture n’était pas en mesure de fournir à l’armée les lames de la haute qualité promise.
 
Henri Anthès ne verra jamais le fruit de son travail acharné. Il mourra en 1733. C’est son fils Jean Philippe qui lui succédera jusqu’en 1735. Ce seront ensuite de nouveaux entrepreneurs Frédéric Wolff associé au baron Mackau d'Hurtigheim (1938) qui récolteront les lauriers tant attendus. 
En 1740, cinq ans après la mort du père fondateur Henri Anthès, la Manufacture obtiendra enfin le monopole de fabrication des armes blanches pour les armées françaises. La qualité et la beauté de ses lames étaient enfin arrivées à des niveaux qui font rêver encore aujourd’hui.
Cette consécration conduira la Manufacture Royale d’armes blanches vers un nouvel essor. A partir de cette date la Manufacture Royale du Klingenthal ne cesse de prospérer. Nombreux sont les ouvriers qui veulent y entrer. Ils arrivent des villages avoisinants Boersch, Ottrott, St-Nabor, Grendelbruch, Mollkirch, … mais aussi et surtout d’autres régions plus éloignées du duché de Würtemberg, du Palatinat, du Duché de Berg, …
Lors de la création de la Manufacture en 1730 il n’y avait que 10 ouvriers. Ils seront 208 à la veille de la révolution Française et sous l’Empire aux heures de gloire de la Manufacture de Klingenthal on en comptera 679.
 
Les plus beaux rêves ont malheureusement toujours une fin. Les années de prospérité se terminent, en 1815. Après la chute de l’Empire, le déclin va commencer. En 1819, une nouvelle Manufacture, la Manufacture de Châtellerault, verra le jour et elle sonnera définitivement le glas en 1830 pour celle qui fut tour à tour Manufacture Royale d’armes blanches,
Manufacture Nationale d'armes de Guerre sous la révolution, Manufacture Impériale d'armes blanches en 1804 et en 1815, sous la Restauration elle redeviendra la Manufacture Royale. Son agonie durera jusqu’en 1836.
De nombreux ouvriers qualifiés seront invités à rejoindre avec leur famille la ville de Châtellerault où un nouvel avenir les attendait. C’est la fin de Klingenthal.
Cette entreprise qui ne voulait pas mourir renaitra de ses cendres comme le phénix en 1838 suite à son rachat par Julien Coulaux sous le nom de : Coulaux Ainé et Compagnie, mais ça, c’est une autre histoire…
 
 
 
Un grand merci à Albert L'Huillier de http : www.alsace-passion.com/  pour gentille collaboration.
 
Je vous invite également à visiter et à participer aux nombreux ateliers du musée de Klingenthal http://www.klingenthal.fr/

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Re: Manufacture d'armes blanches de Klingenthal

Message  volontaire 1870 le Mer 24 Sep 2014, 19:04

Merci pour ce très bel article.
J'ai visité ce musée cet été, l’accueil y est cordial, la présentation des collections est très intéressante.
Le village est bien joli  et mérite une promenade à la recherche des divers ateliers.
J'ai été enchanté par ma visite.
La gestion associative est à souligner, la passion est peut -être une des causes du grand intérêt des pièces présentées. Je me suis fait un devoir d'acheter le très beau livre présentant les lieux car il participe au financement de l'association.
Seule erreur constatée; le très beau fusil  an IX de la manufacture de Mutzig est équipé d'une bretelle de Mas 36.
Le pénible que je suis l'ayant signalé à la demoiselle de l’accueil celle-ci sans se départir de son sourire à gentiment proposé de relayer ma remarque auprès des responsables.

Une bonne après-midi je vous dit!






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Re: Manufacture d'armes blanches de Klingenthal

Message  Winchester 1866 le Mer 24 Sep 2014, 21:35

Merci, oui il faut visiter ce musée  Very Happy

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Re: Manufacture d'armes blanches de Klingenthal

Message  Baccardi le Mer 24 Sep 2014, 21:51

Belle histoire 

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Re: Manufacture d'armes blanches de Klingenthal

Message  Verchère le Jeu 25 Sep 2014, 06:12

Il me semble que le déclin de Klingenthal est venu de la prise de conscience que beaucoup de nos principales manufactures étaient dangereusement proches de la frontière. Alors on les a déplacées dans une position plus centrale.

La photo ci-dessous, c'est surtout pour illustrer. Le marquage pourrait bien être "Coulaux ..... & C".
Mais si quelqu'un me l'identifie, je ne m'en plaindrai pas...



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Re: Manufacture d'armes blanches de Klingenthal

Message  Winchester 1866 le Jeu 25 Sep 2014, 09:32

Salut cette lame est marquée "Klingenthal" pour les poinçons tu peux essayé de contacter le musée de Klingenthal http://www.klingenthal.fr/ il peuvent peut être te confirmer la période de fabrication ...

Je vois mal les poinçons sur ta lame mais si ça peut t'aider http://www.klingenthal.fr/marquages_coulaux.htm


Dernière édition par Winchester 1866 le Dim 28 Sep 2014, 14:04, édité 1 fois

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Re: Manufacture d'armes blanches de Klingenthal

Message  Bonnet rouge le Jeu 25 Sep 2014, 11:41

Probablement une lame de sabre modèle 1854 marquée Couleaux frères et Cie.

Ces lames ont très couramment été ré utilisées pour en faire de couteaux de vénerie.

Une lame faite pour un modèle spécifique se termine en plat et non par les gouttières.

Ces lames ont beaucoup servi également ,débitées en tronçons de 25 cm environ, aux maréchaux-ferrants pour parer les pieds des chevaux.
certains en possédent encore.
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Re: Manufacture d'armes blanches de Klingenthal

Message  Verchère le Dim 28 Sep 2014, 03:18

Bonnet rouge a écrit:Probablement une lame de sabre modèle 1854 marquée Couleaux frères et Cie.
... Une lame faite pour un modèle spécifique se termine en plat et non par les gouttières ...
Merci, la lame semble effectivement raccourcie, mais sa section ne colle pas avec ce qu'indique Plessix dans le "Manuel Complet d'Artillerie" pour le sabre Mle 1854.
La mienne a 2 tranchants, 2 pans creux, aucune gouttière centrale.

Sur le site mentionné par Winchester 1866 j'ai trouvé le marquage
"Coulaux a & c   Klingenthal" avec le poinçon "B couronné dans un ovale" ; c'est exactement cela. Il est associé au "glaive d'administration", années 1845. Me resterait à trouver une illustration de ce glaive pour voir si ça colle, mais ce n'est pas ma priorité...

De plus on s'éloigne du sujet ; je préfèrerais en apprendre plus sur le devenir de la Manufacture de Klingenthal, sous l'enseigne Coulaux, jusqu'à 1962.
Ma faux préférée est une "COULAUX & C      KLINGENTHAL" avec un poinçon en forme de coq...

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Re: Manufacture d'armes blanches de Klingenthal

Message  Winchester 1866 le Dim 28 Sep 2014, 09:26

voici ce que j'ai trouvé sur le Web

http://www.delcampe.net/page/item/id,263421853,var,Epee-sabre-glaive-de-lAdministration-Second-Empire-avec-son-porte-fourreau,language,F.html

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Re: Manufacture d'armes blanches de Klingenthal

Message  Winchester 1866 le Dim 28 Sep 2014, 14:02

Verchère a écrit:...

De plus on s'éloigne du sujet ; je préfèrerais en apprendre plus sur le devenir de la Manufacture de Klingenthal, sous l'enseigne Coulaux, jusqu'à 1962.
Ma faux préférée est une "COULAUX & C      KLINGENTHAL" avec un poinçon en forme de coq...

A la demande de Verchere voici une suite à mon article avec quelques informations sur l’Entreprise Coulaux qui n’est plus Manufacture d’état. (Synthèse de mes archives prises sur le web)

… Manufacture Nationale d'armes de Guerre sous la révolution, Manufacture Impériale d'armes blanches en 1804 et en 1815, sous la Restauration elle redeviendra la Manufacture Royale. Son agonie durera jusqu’en 1836.
De nombreux ouvriers qualifiés seront invités à rejoindre avec leur famille la ville de Châtellerault où un nouvel avenir les attendait. C’est la fin de Klingenthal.[url=
Cette entreprise qui ne voulait pas mourir renaitra de ses cendres comme le phénix en 1838 suite à son rachat par Julien Coulaux sous le nom de : Coulaux Ainé et Compagnie, mais ça, c’est une autre histoire…
 
La Manufacture de Klingenthal ferme était dirigée de 1801 à 1804 par Jacques Coulaux sous le non de manufacture Royale Puis de 1804 à 1815 toujours dirigée par Jacques Coulaux elle deviendra La Manufacture Impériale d’Armes Blanches.
En 1815 retour de la Monarchie, la Manufacture reprendra le nom de Manufacture Royale jusqu’à sa fermeture définitive en 1836.
 
Jacques Coulaux avait un frère Julien Coulaux qui avait acheté en 1817 à Molsheim un moulin à eau qui produisait initialement de la farine et qui appartenait au Général Ignace de Streicher. Ce moulin fut transformé par Julien Coulaux pour y installé un atelier de quincaillerie.
 
Julien Coulaux possédait également une Manufacture d’armes à feu à Mutzig. Manufacture qu’il avait créée en 1803. Il possédait aussi des ateliers annexes à Gresswiller pour la production d’outils, de scies, de ressorts de montre, ….
 
Durant la période de 1803 à 1836 Julein Coulaux travaillera comme entrepreneur pour son frère Jacques.
Ce partenariat les mènera au succès en 1825 lorsqu’ils remporteront le concours ‘’de l’étoffe d’acier pour cuirasse’’ ce qui leur permettra de produire des cuirasses en exclusivité à la manufacture Royale de Klingenthal jusqu’en 1836. Date à laquelle les commandes furent interrompues ce qui provoqua la fermeture de la Manufacture.
 
En 1838 la manufacture est vendue aux enchères et rachetée par Julien Coulaux qui en confira la direction à son Fils également appelé Julien. L’entreprise privée portera le nom de ‘’Entreprise Coulaux Ainé et Compagnie’’. 
 
En 1840 changement de propriétaire, c’est le second fils de Julien Caulaux (père) Charles Louis Coulaux qui prendra la tête de tous les établissements Coulaux (Kligenthal, Molsheim, Mitzig, Gresswiller). La société nouvellement créée portera le nom de ‘’Coulaux et Compagnie’’ dirigée par Charles Louis Coulaux.
En 1841 la production de faux et faucilles sera fleurissante, son succès sera dû à la personnalisation de ces outils en fonction de la région d’utilisation. Ses modèles s’exporteront en Amérique et dans toutes l’Europe.
A partir de 1866 cette société produira des Baïonnettes
 
En 1871, lors de l’annexion de l’Alsace-Lorraine à l’Empire Allemand, les entreprises fabriquant de l’outillage qui se trouvait en Alsace et en Loraine ont été enregistrées par les tribunaux de commerce Allemand et ainsi protégées juridiquement dans tout l’Empire. L’entreprise Coulaux et Compagnie fut donc enregistrée comme entreprise Allemande à Molsheim le 1er septembre 1875.



En1887 Charles-Louis Coulaux qui dirigeait toujours l’entreprise familiale passe la main à son fils Julien (encore un, c’est une tradition familiale ??) l'entreprise prendra le nom jusqu’en 1925 de ‘’Coulaux et Compagnie, Société Anonyme.
Cette société anonyme perdurera jusqu’au 1er février 1962. Elle sera associée aux ateliers et forges de Firminy, dont le nom actuel est : Marine-Firminy, et qui possèdera la majorité des actions.


Dernière édition par Winchester 1866 le Dim 28 Sep 2014, 14:08, édité 1 fois

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Re: Manufacture d'armes blanches de Klingenthal

Message  Winchester 1866 le Dim 28 Sep 2014, 14:03


...

A supprimer c'est un doublon merci

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Re: Manufacture d'armes blanches de Klingenthal

Message  Verchère le Lun 29 Sep 2014, 05:54

Je raconterai cela demain à ma vieille faux, qui va beaucoup apprécier ces précisions sur son origine ; ça va lui redonner le moral, les herbes folles ont du souci à se faire...
Donc merci beaucoup.

Les faux et outils taillants : on cite beaucoup d'entreprises spécialisées, au début XIXe. C'est qu'avant, on n'en avait guère ; en fait, jusqu'à la Révolution on ne savait pas bien fabriquer les faux et on en importait beaucoup, en particulier d'Autriche. Mais avec les guerres révolutionnaires, plus d'importations ! Les guerres n'en finissaient pas, et les faux s'usaient : on les utilisait beaucoup, tout le fourrage pour les bêtes, toutes les céréales, et elles étaient indispensables au ravitaillement... Au point que l'Administration commençait à s'inquiéter !
Les industriels furent donc incités à développer cette branche de production, qui s'était avérée réellement stratégique ; mais ce fut assez long à se concrétiser, car la fabrication des faux est particulièrement délicate (d'ailleurs on ne sait à nouveau plus les faire, d'où qu'elles viennent, ce pourquoi je reste fidèle à ma Klingenthal gondolée, ébréchée et ressoudée, mais qui "prend la battue" et qui la "tient").

Pour le lien vers Delcampe, ça correspond bien à ma lame. La longueur n'est pas indiquée, mais on peut voir que les pans creux vont effectivement jusqu'à la pointe, donc ma lame pourrait ne pas être raccourcie (ou pas beaucoup). D'ailleurs un glaive c'est plutôt court, non ?
On se demande bien à quoi ça leur servait : comme coupe-papier c'est un peu encombrant.
Je charrie, je sais bien qu'ils aimaient tous avoir un uniforme, un képi, un sabre, etc.
Mais, quoique peut-être à vocation strictement décorative, cette lame semble très correcte ; en tous cas souple et nerveuse. Dommage qu'il manque la poignée (mais sinon, je ne l'aurais sans doute pas eue).

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Re: Manufacture d'armes blanches de Klingenthal

Message  Winchester 1866 le Lun 29 Sep 2014, 16:02

Lorsque l'on regarde le Glaive de Napoléon 1er Consule la lame est à deux gorges et elles vont jusqu’à la pointe. 

La lame de ce glaive est certainement issue d'une lame de latte de cavalerie de ligne modèle An IX (1801) raccourcie ; Ce qui expliquerait pourquoi les gorges vont jusqu'à la pointe. Cette lame 1801 équipera de nombreux autres modèles de sabres (Dragon de ligne AN XI, sabre d'officier de cavalerie ...)

J'aime à rêver que l'idée de ce sabre a été ''improvisé'' avec une lame de sabre raccourcie. Cela serait survenu lorsque en 1799, les troupes française sont entrées à Naples. ce qui a permis au Général Championnet d'entreprendre et de poursuivre les fouilles de Pompéi. 
Parmi les nombreux objets parfaitement conservés sous les cendres du volcan, il y avait un nombre considérable d'armes romaines qui ont pu servir de modèle...

Depuis la révolution les glaives sont l’apanage de la puissance. Les Dignitaires, les Généraux se voient dotés d'un glaive d'apparat, par la suite il seront en dotation dans la troupe.




Tu peux remonter ce glaive avec une poignée en copie 
http://www.armesanciennes.fr/index.php?eID=tx_cms_showpic&file=uploads%2Ftx_templavoila%2Fp1049-1w.jpg&bodyTag=%3CBODY%20bgColor%3D%22black%22%3E&wrap=%3CA%20href%3D%22javascript%3Aclose%28%29%3B%22%3E%20%7C%20%3C%2FA%3E&md5=304c23822ce4c0cab66b24e241658490

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Re: Manufacture d'armes blanches de Klingenthal

Message  Bonnet rouge le Lun 29 Sep 2014, 17:35

Winchester a écrit:

Tu peux remonter ce glaive avec une poignée en copie 
http://www.armesanciennes.fr/index.php?eID=tx_cms_showpic&file=uploads%2Ftx_templavoila%2Fp1049-1w.jpg&bodyTag=%3CBODY%20bgColor%3D%22black%22%3E&wrap=%3CA%20href%3D%22javascript%3Aclose%28%29%3B%22%3E%20%7C%20%3C%2FA%3E&md5=304c23822ce4c0cab66b24e241658490

Ca c'est un refonte de glaive d'artillerie modèle 1816.
Lame totalement différente, à une gouttière séparée par un méplat.
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Re: Manufacture d'armes blanches de Klingenthal

Message  Verchère le Mer 01 Oct 2014, 02:36

Winchester 1866 a écrit:... Tu peux remonter ce glaive avec une poignée en copie ...
Ou, avec un modèle, je pourrais en couler une (en surmoulant directement ça ne ferait qu'une diminution de cote de 1 % environ, acceptable pour moi). Mais pas sûr que je franchisse le pas, parce-que le bronze c'est pas ma tasse de thé : un peu chaud à mon goût (quoique, la pièce étant massive elle est sans doute facile à réussir), mais surtout très chiant à polir. Et le polissage, j'aime pas du tout !
Alors cette lame risque bien de rester comme ça...

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Re: Manufacture d'armes blanches de Klingenthal

Message  Winchester 1866 le Mer 01 Oct 2014, 09:28

je crois qu'à l'origine la poignée n'est pas en bonze mais en laiton (900 - 1000°). Mais je ne me souviens plus de sa composition à l'époque qui était différente de celle d'aujourd'hui. le Laiton était plus malléable et pouvait être plié après fonderie pour mettre en forme par exemple les gardes de sabre à branches ... bien sûr un laiton de robinet d'aujourd'hui pourrait convenir ...

Le polissage du laiton ne présente pas de problème particulier mais la coulée est un art que je ne connais pas.

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Re: Manufacture d'armes blanches de Klingenthal

Message  Verchère le Jeu 02 Oct 2014, 05:02

Couler c'est pas difficile (si on a un "pro" pour montrer, au début). Le problème du bronze (ou laiton) c'est qu'il faut un vrai creuset, alors que pour l'alu une grosse louche en acier suffit. Pour le reste, la fonderie est sans doute la technique nécessitant le moins d'outillage spécialisé (en fait aucun, sauf le creuset).

Le laiton n'est pas forcément plus facile que le bronze. Il faut (peut-être) chauffer un peu moins, mais le zinc crame en permanence et on prend plein les poumons. Cependant, dans le "bronze d'art" il y en a souvent, du zinc ; mais certes bien moins que dans le laiton... (pour les usages mécaniques les compositions sont plus rigoureuses).

Mais le polissage, c'est une autre affaire !
D'ailleurs, j'ai bien l'impression que la poignée de la photo donnée en lien ci-dessus est brute de fonderie ; et fondue au sable il me semble, et sans "couche", parce-que c'est un peu "abreuvé". Avec sa surface en écailles de poisson, y-a du boulot pour la finir ! Si le gars la vend en l'état, il sait pourquoi !
Dans le temps, du moins pour les canons (début XIXe), on en faisait beaucoup au ciseau. Ça allait assez vite sans arrondir les arêtes, mais fallait savoir le faire...

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Re: Manufacture d'armes blanches de Klingenthal

Message  Winchester 1866 le Jeu 02 Oct 2014, 09:25

La photo provient d'une entreprise qui fabrique des reproductions entres autres. peut être sont-ils en mesure de fabriquer du spécifique ? http://www.armesanciennes.fr/

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