Le fusil Meunier A6 modèle 1916

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Le fusil Meunier A6 modèle 1916

Message  HELIX le Dim 17 Nov 2013, 15:09

Le Fusil Meunier A6 mle 1916 :


Le marquage du boîtier de culasse (photos Ned Heidenreich).

En 2008, un collectionneur américain, Ned Heidenreich, rentre dans une armurerie et demande aux vendeurs s’ils ont quelque chose d’intéressant. Ils ont bien un drôle de fusil semi-auto, mais aucune cartouche ne semble rentrer dedans. Ils pensent que c’est français. Vous avez deviné de quel fusil il s’agissait.

Ned l’achète, fait quelques photos et nous le montre sur Gunboards. Imaginez l’enthousiasme ! Si je me souviens, certains possesseurs de la cartouche d’origine lui ont fait un moulage. Malheureusement, peu de temps après, le site Gunboards a été déménagé et les photos ont disparu du Net.
Je les avais conservées et, ayant retrouvé qui en était le propriétaire, je lui ai demandé l’autorisation de les utiliser pour écrire quelque chose sur TCAR, ce que Ned m’a très gentiment accordé.

D’où le sujet de ce jour…


Près de 130 cm, ça prend de la place...

On doit cette arme au Contrôleur d'Armes Principal Meunier, de la Section Technique de l'Artillerie. Ce monsieur a, si l'on en croit Boudriot, quelques responsabilités déjà dans le F.S.A. A-1 réalisé avec le Capitaine Pralon (essais de 1894-1898, calibre 6 mm, 8 coups).
Une carabine semi-automatique de cavalerie, appelée A-4, de calibre 6 mm à 5 coups, est dérivée de la précédente, avec toujours Meunier aux commandes. Elle est testée, avec succès selon Boudriot, en ne donnant pas toute satisfaction selon Lombard, par le 9ème Cuir, le 24ème dragon, les 7ème, 13ème et 14ème Hussard et enfin le 2ème chasseur dans les années 1900. Elle n'est pas adoptée.


Le magasin avec le verrou permettant de l'ouvrir par en-dessous. A proximité, le levier de sûreté qui a remplacé la "pédale" de crosse du S.T.A. N°4.


Un fusil A-6 de calibre 7 mm à 6 coups est testé, une fois encore avec succès. Il est même envisagé comme pouvant être adoptable en 1910 (Boudriot). Les essais et recherches se poursuivent toujours en 1912 (Lombard). Une petite série est fabriquée en 1913 (Boudriot encore) ou sa fabrication est seulement envisagée (Huon).

La fabrication en grande série est mise à l'étude en 1915 en attendant ce qui sera le F.S.A. 1917 et la fabrication démarre en 1916 avec la participation de la MAC, de la MAS et de la MAT. Par exemple, la MAC fournit les ébauchés de certaines pièces mécaniques, usinées par la MAS. Certaines petites pièces, ainsi que la baïonnette, sont également fournies par la MAC à la MAT qui assure le montage de l'arme. L'arme fut essayée en 1917.


Tous les exemplaires connus ont un canon de Tulle éprouvé en 1916.


Cet exemplaire a le levier d'armement légèrement tordu. En revanche, contrairement à la plupart des exemplaires en musée en France, celui-ci n'a pas sa chambre percée.

Caractéristiques techniques :
Longueur totale : 1 295 mm
Longueur du canon : 715 mm
Poids : 4,025 Kg
Principe de fonctionnement : Long recul du canon.
Capacité du magasin : 5 cartouches, alimenté par lames chargeurs de 5 type « Mauser ».
Calibre : 7 mm (Il s’agit d’un 7X57, pas de désignation officielle autre que « pour fusils Meunier A6 Mle 1916 »), balle de 9 g propulsée par 3,13 g de BN3F. V0 : 850 m/s
Pour des photos, Voir ici :
http://www.tircollection.com/t14409-meunier-cousin-pere-du-fsa17-ou-sans-parente


La hausse, graduée de 100 à 2 300 mètres.


Le couvre-culasse et son usinage destiné à recevoir la lame-chargeur.


Vus de dessus, le couvre culasse avec son usinage pour la lame-chargeur et la tête de culasse avec son verrouillage par vis à filets interrompus.

1013 exemplaires fabriqués selon Jean Huon, 1 500 à 1 600 selon Yves Cayre. 834 furent envoyés au front (Huon) et 18 testés au cours spécial de tir de Maisons-Laffitte (Lombard). Le boîtier de culasse est marqué sur la face gauche "Mier A6 Mle 1916 Tulle".
Le fusil représenté dans le Boudriot est daté de janvier 1917 et est sensé avoir le numéro 230 (R 230?).
Frédéric DELVOLTE présente deux de ces fusil, dont le R 4XX de février 1917:
http://armesfrancaises.free.fr/FSA%20MeunierA6.html

L’arme de Ned Heidenreich a le numéro R 1012 et est datée de juillet 1917.


La grenadière et le numéro de série...


Reporté sur le couvre-culasse, la crosse et le canon. Remarquez le poinçon du Directeur (J pour Lieutenant-Colonel Louis Jourdan, en charge jusque début juin 1917) qui se retrouve aussi sur le poinçon de crosse de nombre d'armes (voir celui présenté sur le site armes françaises)


Le poinçon de réception sur la crosse. Depuis l'épreuve du canon, le Directeur de Tulle a changé et son poinçon aussi (B pour le Colonel François Bares de juin 1917 à mars ou avril 1923).

Selon le Directeur du cours spécial de tir, arme ayant tendance à s'échauffer. Selon Foch, fusil trop long et encombrant dans les tranchées, il faut étudier des armes plus courtes et des cartouches plus petites avec les mêmes qualités balistiques (décembre 1917).
Finalement, la DM 6519 d'Août 1918 reprend (entre autres) l'argument du fusil trop encombrant. Meunier tentera une dernière fois sa chance avec une version carabine sans postérité.



L'embouchoir qui a le rôle capital de guider le canon qui coulisse vers l'arrière lors des tirs. On aperçoit le tenon de baïonnette. Cette dernière ressemble de loin à celle du mousqueton 1892 premier type (plaquettes en fibre), mais sans quillon et la croisière est plus mince de 5 mm et plus haute. Le verrouillage arrière est plus classique que celui du mousqueton, puisqu'il copie celui de nombre de baïonnettes étrangères à ressort interne, voir françaises . La baïonnette comme le fourreau étaient au numéro de l'arme. Voir ABC de la baïonnette, fiches 479 ou N830. Ces ouvrages signalent les numéros R 63, R 481, R 516 et R 1000.

Sources :
Armes à feu Françaises, modèles réglementaires, J. Boudriot, P. Lorain, R. Marquiset.
Histoire de la Manufacture d'armes de Tulle, Yves Cayre.
Le MAS 49 et les fusils semi-automatiques français de 1894 à 1979, Jean Huon.
Le nouvel Atlas de la Baïonnette de Collection, Tome 2, Jean-Pierre Vial
La Manufacture Nationale d'armes de Châtellerault, Claude Lombard
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