Canardière à percussion GOUTOLLAU

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Canardière à percussion GOUTOLLAU

Message  lolo577 le Mer 11 Juil 2012, 13:35

PREAMBULE

Abonné au magazine Cibles depuis plusieurs années, je lis avec plaisir les articles que Didier Bianchi consacre aux armes à poudre noire. Je ne suis pas dupe du fait que ces articles sont largement promotionnels mais j'apprécie les descriptions précises faites par l'auteur. Ils sont toujours écrits suivant la même trame.

L'été dernier, j'ai travaillé plus d'une centaine d'heures (et c'est un minimum) pour rénover une canardière à percussion et la convertir au tir à balles. Je me propose, si cela vous intéresse, de rédiger un long article consacré à cette arme en respectant la trame des articles de Didier Bianchi. Comme tout cela risque d'être bien long, je vais découper mon texte en plusieurs épisodes pour vous présenter l'arme, sa rénovation et son utilisation au pas de tir.


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EPISODE 1 : DESCRIPTION GENERALE
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Comme son nom l'indique, une canardière est une arme destinée à chasser le canard. Je ne suis pas chasseur mais je crois savoir que ces armes de fort calibre étaient utilisées par des chasseurs professionnels. Les charges de poudre et de grenaille de plomb très élevées permettaient de multiplier les "victimes" à chaque coup tiré.

J'ai acheté l'arme en fin d'année 2010 au Hussard. Son état laissait très largement à désirer. Les pièces métalliques étaient saines mais bien oxydées en surface. La cheminée était définitivement hors d'usage. La platine était fonctionnelle mais son grand ressort trop mou. Elle ne tenait pas en place car sa vis de fixation était trop usée. La monture était sale et cassée au niveau du col de cygne avec une fente de 10 cm de long qui baillait tristement. Je ne n'avait pas payé l'arme cher mais la rénovation s'avérait longue et pleine d'embûches. Voilà pour l'état des lieux...

La canardière semble avoir été assemblée par l'armurier "GOUTOLLAU" domicilié à Angers. J'ai écrit "assemblée" car l'armurier en question ne parait avoir fabriqué que la monture et réalisé la mise en bois. Le canon est marqué "G WILKIN" et porte divers poinçons. La platine (marquée TOWER), le pontet et peut-être d'autres pièces semblent provenir d'un fusil réglementaire anglais pattern 1839 ou pattern 1840 (percussion à canon lisse). l'arme est donc postérieure à ces millésimes. Peut-être a-t-elle été fabriquée outre-manche, "GOUTOLLAU" n'étant qu'un importateur...
L'arme mesure 1,83 m. Son canon alésé à 22 mm tout rond mesure à lui-seul 1,36 m. Le fusil pèse environ 7 Kg dont près de 4 Kg pour le seul canon.


La canardière :



Fusil pattern 1840 :



Une idée de la taille de l'objet :



A suivre…


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Re: Canardière à percussion GOUTOLLAU

Message  CLOSDELIF le Mer 11 Juil 2012, 14:12

Le début est alléchant..... Cool drunken :bravo:
Je suis impatient de la voir en action, même si ce n'est pas sur des canards.... lol1

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Re: Canardière à percussion GOUTOLLAU

Message  lolo577 le Sam 14 Juil 2012, 22:13

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EPISODE 2 : LA MONTURE
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La monture est une longue pièce de 1,30 m de long et pesant près de 2 Kg. J'ignore l'essence du bois qui comporte de nombreux défauts. En particulier, on peut noter la présence de plusieurs nœuds et le fil est loin d'être régulier. Par contre, le bois est joliment veiné et son aspect visuel est tout à fait plaisant en dépit d'un côté très rustique. Il s'agit à mon sens d'un travail artisanal et l'armurier n'a pas été très exigeant sur la qualité du bois qui aurait été probablement rejeté en arsenal.

Comme je l'ai indiqué dans l'épisode 1, la crosse était fendue sur plus de 10 cm au niveau du col de cygne. Il m'a fallu procéder à une sérieuse réparation. J'ai fait bailler la fissure en appliquant du poids sur la crosse. A l'aide d'une seringue équipée d'une aiguille maison de 3 mm de diamètre, j'ai injecté très généreusement de la résine époxy (araldite lente diluée avec un peu d'alcool pour la rendre plus fluide) dans la fissure. J'ai supprimé le poids et j'ai mis sous presse pour 24 heures.

Sur l'arme, la baguette de nettoyage traversait le fût jusqu'à l'extrémité arrière de la fausse queue de culasse. Le col de cygne était donc traversé de part en part par la baguette. C'est bien sûr à ce niveau que la crosse s'est fendue. J'ai décidé de reboucher ce perçage, ainsi la baguette ne pénétrera plus dans le col de cygne. A cette fin, j'ai utilisé une mèche de fibres de carbone saturée de résine époxy. Je pense ainsi avoir renforcé cette partie critique.

Tous les trous recevant des vis à bois s'étaient agrandis au fil du temps et aucune des vis ne tenait en place. J'ai élargi tous ces trous à un diamètre de 6 mm pour ensuite y coller un morceau de tourillon en bois dur.

Les défauts du bois (nœuds, coups, fissures diverses) étaient rebouchés par une sorte de cire d'ébéniste couleur chocolat et présentant une consistance plutôt molle. L'aspect visuel était désastreux. J'ai fait disparaître cette infâme cire et j'ai bouché avec des pièces de bois ajustées et collées les défauts les plus importants. Je me suis contenté de poncer légèrement les défauts de surface. La crosse est ainsi marquées de nombreux coups qui confortent l'image d'une arme qui a vécu.

La monture a été ensuite lavée à la lessive Saint-Marc pour enlever la finition huilée d'origine très sale. La crosse été finement poncée en partant d'un grain de 180 pour finir par un grain de 600… Classiquement, j'ai réalisé un poncé-huilé avec un mélange du commerce huile de lin/huile de tung. L'aspect final est vraiment superbe. Le bois est doux, lisse et satiné. Les veines du bois ressortent joliment.


La crosse porte une solide plaque de couche galbée mesurant 180 mm par 65 mm. Cette grande taille permet de répartir le recul de l'arme sur une grande surface ce qui aide à le rendre très supportable.

La crosse :


La plaque de couche :


Les garnitures sont en laiton et l'on observe de l'arrière vers l'avant un pontet et deux guides de baguette. Comme je l'ai déjà indiqué, ces pièces proviennent d'un fusil réglementaire anglais.

J'ai rajouté deux anneaux de bretelle en acier. En effet, le pontet possède un perçage destiné à recevoir un tel anneau mais il était désespérément vide sur mon arme. Les pièces sont des répliques destinées à être montées sur les Brown Bess. L'anneau avant est fixé dans le bois du fût. ce montage est tout à fait cohérent avec celui des réglementaires anglais qui ont précédé l'Enfield pattern 1853.

Une très longue baguette en fer mesurant 1,37 m complète le tout. Un bout de la baguette est formé d'une tête plate. L'autre bout est fileté.


Le pontet et son anneau de bretelle:


Guide de baguette arrière:


Guide de baguette avant avec l'autre anneau de bretelle :


Baguette :



A suivre…



Dernière édition par lolo577 le Dim 15 Juil 2012, 13:32, édité 2 fois

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Re: Canardière à percussion GOUTOLLAU

Message  Baccardi le Sam 14 Juil 2012, 22:56

Fort bien, la suite! cheers

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Re: Canardière à percussion GOUTOLLAU

Message  lolo577 le Dim 15 Juil 2012, 21:44

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EPISODE 3 : LA PLATINE
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La platine provient comme je l'ai déjà indiqué d'un fusil réglementaire anglais. Le marquage "Tower" apparaît très nettement même s'il est partiellement effacé. Le logement de la platine est correctement ajusté. La contre-platine est réduite à sa plus simple expression puisqu'elle se limite à une petite pièce en laiton fixée par une unique vis.

La platine est maintenue sur l'arme par une unique vis traversante. Cette vis ainsi que son taraudage sur la platine étaient très abîmés. J'ai été contraint de refaire ce taraudage ainsi que la vis à partir d'une vis M7 du commerce. J'ai été obligé d'utiliser cette dimension "bâtarde" car un diamètre de M6 était trop petit et un diamètre M8 trop gros pour le bossage présent à l'intérieur de la platine.


La platine et sa mise en bois :


La contre-platine :



La plaque de la platine mesure 150 mm de long. La disposition du mécanisme est très classique. Le grand ressort en "V" est orienté vers l'avant. Sa branche inférieure se termine en forme de crosse venant directement s'appuyer sur l'extrémité avant de la noix sans l'intermédiaire d'une chainette comme sur les platines plus "nobles".

Le grand ressort était largement affaibli et, par conséquent, le mouvement du chien était bien mollasson. J'ai ajusté et brasé une cale en acier à l'intérieur de ressort de manière à le rendre plus tonique. L'abattu est bien plus vif et je n'ai eu à déplorer aucun défaut de percussion des amorces. La course du chien est fort longue. A l'armé le dé du chien est à près de 7 cm de la cheminée ce qui me paraît beaucoup.

La noix est recouverte d'une bride à deux piliers dont un sert de pivot à la gâchette. Il est à noter que cette noix ne comporte pas de cran de demi-armé. Ce cran semble avoir été limé par le passé à moins que la noix n'ait été entièrement refaite sans ce cran. Ce n'est guère pénalisant à l'usage. Il faut être prudent lors de la mise en place de l'amorce.

Un petit ressort en "V" sert au rappel de la gâchette. La portée d'engagement du massif bec de gâchette dans le large cran d'armé de la noix est importante. Par conséquent, le poids de départ est élevé. Je l'ai mesuré à environ 6 Kg.

A l'extérieur, le chien a une forme très représentative de ce que l'on peut observer sur les platines à percussion anglaises. Il est plutôt massif. Le dé comporte une fente qui facilite l'extraction d'une amorce qui serait restée coincée.

Le fonctionnement de la platine est satisfaisant. Par contre, sa fabrication est artisanale et les ajustements ne sont pas très bons.


La platine face externe :


La platine face interne :



La détente est très rustique puisqu'il s'agit d'une simple détente en drapeau. L'axe d'articulation de cette pièce était un simple clou planté dans le bois de la monture. Pour rendre le démontage plus aisé, j'ai remplacé le clou par une vis dont la tête se trouve au fond du logement de la platine et qui est donc invisible lorsque celle-ci est en place.


La détente en drapeau :




A suivre…


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Re: Canardière à percussion GOUTOLLAU

Message  CLOSDELIF le Dim 15 Juil 2012, 21:58

Vraiment passionnant.... Cool
La suite :!: :bounce: :bounce: :bounce:

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Re: Canardière à percussion GOUTOLLAU

Message  lolo577 le Dim 15 Juil 2012, 22:06

Tu es bien aimable...

Il reste encore beaucoup à faire, le canon, les organes de visée et bien sûr ....

... le tir

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Re: Canardière à percussion GOUTOLLAU

Message  lionrobe le Lun 16 Juil 2012, 08:26

Respect et merci de nous faire partager cette quête

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Re: Canardière à percussion GOUTOLLAU

Message  lou gascoun le Mar 17 Juil 2012, 14:02

Merci à toi de nous faire partager cette belle rénovation. Félicitations pour ton reportage, magnifiquement présenté, fluide...un régal ! Bravo ! :bravo:

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Re: Canardière à percussion GOUTOLLAU

Message  lolo577 le Mer 18 Juil 2012, 19:03

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EPISODE 4 : LE CANON
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Le canon de section circulaire est le "gros morceau" de l'arme puisqu'il pèse à lui-seul près de 4 Kg pour une longueur interne de 1,36 m. Au niveau du bouchon de culasse, le canon a un diamètre de 40 mm. Ce diamètre diminue progressivement pour atteindre 27 mm à 50 cm de la bouche. Ensuite, ce diamètre reste constant. L'âme du canon est lisse et elle est alésée au diamètre de 22 mm.

Selon moi, le tube a été réalisé à partir d'un fil carré en fer enroulé à chaud autour d'un mandrin et soudé à la forge. Cette technique était très courante, on parlait alors de canon-ruban . En ouvrant bien les yeux, on devine la trace d'une ligne hélicoïdale qui court tout le long du canon. Cette trace était très visible avant la rénovation.

Le canon ruban (ici en damas…) :



A l'arrière, le canon est obstrué par un massif bouchon du culasse. Ce bouchon se termine par un très solide crochet qui vient s'insérer dans le logement correspondant usiné dans la face avant de la fausse queue de culasse. A droite du bouchon de culasse une masselotte reçoit la cheminée.

La cheminée originale était très petite avec paradoxalement un évent monstrueux d'au moins 2 mm, diamètre classique sur les armes de chasse. La cheminée était très abîmée et son filetage incompatible avec les cheminées du commerce. J'ai donc été amené à faire disparaître par perçage le taraudage original de la masselotte puis à tarauder à M8 (M8 x 1,25). Ce filetage est celui des cheminées destinées au répliques Euroarms.

Le bouchon de culasse porte en partie supérieure le marquage "GOUTOLLAU à ANGERS". En partie inférieure, sur les premiers centimètres du canon on trouve le marquage "G. WILKIN" ainsi qu'un poinçon dont je n'ai pas trouvé la signification. Si l'on ajoute le "TOWER" gravé sur la platine, ces marquages sont les seuls que l'on peut trouver sur l'arme.


Le bouchon de culasse :


Le marquage "G. WILKIN" :


Le poinçon sous le canon :



La fausse queue de culasse est assemblée sur la monture par trois vis. Les deux vis arrière sont directement vissées dans le bois. La vis avant traverse la monture pour aller se prendre dans un écrou prisonnier du bois. La vis originale était très abîmée et l'écrou carré était ridiculement petit (1 cm de côté à peine et 3 petits mm d'épaisseur). J'ai refait une vis à partir d'une vis M6 du commerce ainsi qu'un solide écrou rectangulaire de 25 mm par 16 et de 6 mm d'épaisseur. En effet, il est capital que la fausse queue de culasse soit parfaitement maintenue sur la monture car elle doit transmettre le recul de l'arme. Dans le même ordre d'idées, j'ai pu observer que la face arrière de la fausse queue de culasse n'était pas en contact avec le fond du logement usiné dans le bois. Il m'a fallu faire une cale en aluminium pour combler ce jeu.


La fausse queue de culasse :


L'avant de la fausse queue de culasse, la cale est visible au fond du logement du crochet :



La génératrice inférieure du canon porte deux solides brides qui sont destinées à recevoir les clavettes servant à solidariser le canon à la monture. Ces clavettes traversent directement le bois. Pas de jolies rosettes en métal servant de logement aux clavettes. Là encore, on retrouve le style rustique et artisanal de l'arme. Ce système permet toutefois un démontage très rapide du canon pour procéder à son entretien.


La bride arrière du canon :


La bride avant du canon :


La clavette arrière et son logement dans la monture :


La clavette avant et son logement dans la monture :



L'avant du canon porte un guide pour la baguette. Ce guide est obtenu à partir d'une pièce du commerce achetée chez track of the wolf aux US. Il est fixée sur une embase fabriquée sur mesure et brasée à l'étain sur la partie inférieure du canon. Ce guide supplémentaire est indispensable pour empêcher la baguette de battre à la manière d'une antenne.


Le guide de baguette :



Avant la rénovation de l'arme, le canon était sérieusement oxydé en surface aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur.

Pour l'intérieur j'ai du fabriquer un outil spécifique à partir d'un tube en acier de diamètre 12 mm. Une des extrémités du tube était munie d'un manchon fendu en matière plastique. Ce manchon pouvait recevoir un enroulement de papier abrasif dont le diamètre était réglé de manière à rentrer légèrement en force dans le canon. L'autre extrémité du tube était serrée dans le mandrin d'une perceuse sans fil. J'ai effectué des heures et des heures d'allers/retours dans le canon, changeant l'abrasif dès qu'il était usé et vidant périodiquement le canon de la poussière du ponçage. Au début la poussière était couleur rouille puis elle est progressivement passée au noir. J'ai réduit progressivement le grain de l'abrasif, 120 puis 240 puis 400 pour finir. Après une semaine de travail matin et soir de manière à recharger les batteries de la perceuse, le miracle s'est produit : l'âme du canon brillait comme un sou neuf même si de nombreuses piqures superficielles persistaient.

Pour l'extérieur le travail était plus simple mais tout aussi fastidieux. J'ai utilisé la même combinaison d'abrasifs mais en ponçant à la main. J'ai également utilisé un outil miraculeux qui m'a grandement simplifié la vie. Il s'agit d'une brosse à monter dans le mandrin d'une perceuse et destinée à l'origine au décapage des pièces en bois. Les poils de cette brosse sont en matière plastique et sont, selon moi, chargés de fibre de verre. Cette brosse est très utile pour aller chercher l'oxydation en creux quant le ponçage traditionnel se révèle inefficace sauf à enlever beaucoup de matière saine. Cette brosse permet d'aller chercher la crasse dans les coins peu accessibles. Elle enlève avec un égal bonheur la croute noire des profilés en acier bruts de laminage ainsi que les résidus cuits des produits de décapage utilisés pour la brasure. Comble du bonheur, cette brosse est trop peu dure pour attaquer en profondeur le métal sain, elle se contente de le lustrer pour le rendre très brillant.


La brosse utilisée pour le décapage :



Cette phase de remise en état du canon était primordiale. Si elle s'était avérée impossible, la canardière n'aurait jamais tirer à nouveau. En particulier, j'ai serré les fesses quand j'ai refait le taraudage de la cheminée ou lorsque j'ai enfin pu voir l'état réel de l'âme du canon à l'aide d'une lampe.



A suivre…


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Re: Canardière à percussion GOUTOLLAU

Message  bosco le Mer 18 Juil 2012, 20:56

bravo pour cette restauration

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Re: Canardière à percussion GOUTOLLAU

Message  lolo577 le Ven 20 Juil 2012, 12:29

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EPISODE 5 : LES ORGANES DE VISEE
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Sur l'arme originale, les organes de visée étaient réduits à leur plus simple expression. Au bout du canon on pouvait trouver un minuscule guidon cylindrique de 2 mm de diamètre et de 2 mm de hauteur. Un très informe et très arrondi cran de mire était taillé dans la fausse queue de culasse. Il était impossible de prendre une visée digne de ce nom. Il faut bien reconnaître que ces organes de visée archaïques étaient bien suffisants pour expédier une gerbe de plombs sur de malheureux canards !

Désireux de tirer des balles rondes avec ma canardière, il m'a fallu concevoir des organes adaptés. Dans un premier temps, j'ai fait un peu de balistique. J'ai d'abord calculé le coefficient balistique d'une balle ronde de 21,59 mm de diamètre (0.850", CB = 0,12). Ensuite, j'ai estimé la vitesse initiale de cette balle pour une charge de poudre donnée (1000 fps soit 305 m/s pour 6 grammes de poudre). Dans cette optique, j'ai utilisé un abaque maison réalisé à partir de données recueillies sur le web. Enfin, à partir d'un logiciel de balistique, j'ai calculé qu'il fallait lever le canon de 19 minutes d'angle pour atteindre le centre d'une C50 à la distance de 50 m tout en faisant une visée conforme (bas du visuel). Compte-tenu de la longueur de la ligne de mire (1,38 m) et en prenant comme référence l'axe du canon, il fallait finalement que le cran de mire (ou le centre de l'œilleton) soit situé 8 mm au dessus du sommet du guidon. Pour faire simple, ces différents calcul m'ont permis de "zéroter" l'arme bien avant le premier tir. Bien évidemment, ces résultats restent approximatifs mais ils permettent de dégrossir les réglages de l'arme et ainsi d'éviter les mauvaises surprises face à la cible.


Abaque permettant d'estimer la vitesse initiale du projectile pour une arme longue à poudre noire :



Les organes de visée de la canardière se devaient d'être en accord avec le côté rustique de l'arme. J'ai rapidement abandonné l'idée d'installer un dioptre avec réglages micrométriques tel que l'on peut en trouver sur les armes de match à poudre noire, trop raffiné ! Je me suis simplement dirigé vers un couple formé d'un guidon et d'un œilleton installé sur la fausse queue de culasse. Pour être franc, je me suis inspiré des fusils réglementaires français, je pense ne particulier au 1822 Tbis. Sur ce fusil, le très primaire cran de mire est installé très en arrière sur la queue de culasse. C'est plutôt un défaut d'avoir un cran de mire aussi près de l'œil par contre, c'est tout bon pour un œilleton !

Le guidon a été obtenu à partir d'un tronçon de profilé en "T". L'embase a été creusée à la lime pour s'adapter le plus précisément possible à la forme cylindrique du canon. Le guidon a été ensuite brasé à l'étain sur le canon. pour ce faire, j'ai découpé des morceaux de fil de brasure que j'ai disposé entre le guidon et le canon. J'ai également tartiné les surfaces concernées de produit décapant pour brasure. J'ai ensuite serré avec un dispositif adapté le guidon sur le canon avec entre les deux un "matelas" de fils de brasure baignant dans le produit décapant. Ensuite j'ai chauffé l'ensemble avec une lampe à souder jusqu'à que la brasure fonde. Enfin, j'ai attendu le refroidissement complet avant de procéder à un long décapage pour ôter l'excès d'étain, les résidus du produit décapant, la suie, etc…


Le guidon :



L'œilleton est formé de deux parties : une embase installée sur la fausse queue de culasse et une planchette percée d'un œilleton de diamètre 2 mm et fixée sur l'embase avec deux vis. Cette planchette amovible permet le réglage de la visée : il suffit de changer la position de l'œilleton sur une planchette vierge pour régler le tir ou pour tirer à une autre distance.

L'embase est formée de deux pièces : un socle ajusté à la forme de la fausse queue et une équerre destinée à recevoir la planchette. Ces deux pièces sont brasées à l'argent. L'ensemble a été ensuite brasé à l'étain sur la fausse queue de culasse.


L'œilleton vu de l'avant :



L'œilleton vu de l'arrière :



C'est tout pour ce qui concerne l'arme et sa rénovation, les épisodes suivants être consacrés à sa mise en œuvre…



A suivre…


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Re: Canardière à percussion GOUTOLLAU

Message  Baccardi le Ven 20 Juil 2012, 23:44

Un grand coup de chapeau

Et vivement la suite au champ de tir

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Re: Canardière à percussion GOUTOLLAU

Message  lolo577 le Lun 30 Juil 2012, 19:32

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EPISODE 6 : LE MATERIEL DE TIR
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En premier lieu, un constat d'ordre général. Lorsque l'on se lance dans la rénovation d'une arme sortant de l'ordinaire, il faut être conscient du fait que le travail sur l'arme ne sera qu'une partie de l'ensemble des tâches à accomplir. Il y aura aussi beaucoup à faire sur tous les accessoires qui permettront la mise en œuvre de l'arme.

La canardière n'échappe pas à cette observation. Dans le commerce, il n'existe aucun accessoire (baguette, embouts, etc…) permettant de charger et d'entretenir une arme aussi peu ordinaire : le calibre est trop gros et le canon trop long. En standard, les accessoires possédant les plus grandes dimensions sont ceux destinés au fusils à silex (1777 français, Bown Bess anglais, etc…). Malheureusement, ces armes ont un calibre maximal de 19 mm (0.75") et une longueur de canon inférieure à 1,15 m. Pour mémoire, je rappelle que la canardière à un calibre de 22 mm et une longueur de canon de 1,36 m…

L'accessoire principal est évidemment la baguette servant aussi bien au chargement qu'au nettoyage. Construite autour d'un tube acier de 12 mm et longue de 1,40 m de diamètre, elle est équipée à chaque extrémité d'une douille taraudée au filetage M8. Une de ces douilles reçoit une poignée, l'autre est disponible pour recevoir les différents accessoires. La baguette est manchonnée avec un tube en aluminium pour ne pas détériorer l'âme du canon.

Un entonnoir de grande longueur avec son tube en aluminium (1,30 m) permet de faire tomber la poudre jusqu'au fond du canon pendant le chargement.

Compte-tenu de la taille et du poids de la canardière, il est impossible de la tenir pour un tir debout sans appui. J'ai donc été amené à fabriquer une fourquine à partir d'une vraie fourche à deux dents achetée dans un magasin de fournitures pour agriculteurs. Avec cette fourquine, le tir debout devient possible sans être fatiguant.


La fourquine, l'entonnoir et la baguette :



Différents embouts tous équipés d'un filetage M8 peuvent se monter sur la baguette.


Les embouts :


De gauche à droite :
- Porte-patch pour le nettoyage servant également de pousse-balle. Fabriqué à partir d'un raccord de plomberie en laiton son diamètre extérieur a été ajusté de manière à s'adapter à l'épaisseur des patches de nettoyage. L'extrémité creuse a été comblée de résine epoxy moulée à la forme exacte d'une balle. Ainsi le pousse-balle est parfaitement adapté aux projectiles.
- Tire-chiffon du commerce équipé d'une tige filetée M8.
- Foret de diamètre 6 mm goupillé sur un embout et destiné à percer une balle qui serait restée coincée dans le canon. La baguette sert de rallonge. En enlevant la poignée, on peut serrer la baguette dans le mandrin d'une perceuse.
- Tire-balles. Une fois la balle percée, il devient possible d'y visser un tire-balle et ainsi d'extraire le projectile coincé. J'ai été amené à le faire une fois, c'est loin d'être une opération facile…


Autres accessoires :


De gauche à droite :
- Fausse cheminée destinée au nettoyage du canon.
- Dosette étalonnée pour la poudre.
- Clé à cheminée.


Pour le nettoyage, j'utilise des chiffons calibrés de 15 cm de côté découpés dans de la serpillière jetable "serpidou" achetée en grande surface.


Chiffons calibrés :



Pour organiser le chargement de manière rationnelle je me suis fabriqué une planchette de tir adaptée aux composants de la canardière. Les dosettes de poudre, les bourres grasses et les balles sont disposés de manière à réduire les risques d'erreur de manipulation. J'ai eu quelques déboires avec mon organisation sur le pas de tir, j'y reviendrai plus en détail dans l'épisode consacré au tir…


Planchette de tir :



Tous ces accessoires sont rangés dans une mallette de tir.


Mallette avec les boîtes contenant les divers matériels ouverte :


Mallette prête pour le départ au stand :



A suivre…



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Re: Canardière à percussion GOUTOLLAU

Message  lionrobe le Lun 30 Juil 2012, 20:30

Quel parcours...

Un petit 8 en cible, ça doit être l'extase au bout de tout ce temps
Et c'est bon d'avoir la confiance des autres tireurs, aussi....

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Re: Canardière à percussion GOUTOLLAU

Message  lolo577 le Mar 31 Juil 2012, 21:07

___________________________________________

EPISODE 7 : LE TIR
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La balle est obtenue à partir d'un moule acheté chez NEI aux US. C'est un moule en acier très massif et son poids de 1,3 Kg rend son utilisation fatigante à la longue. Les balles ont un diamètre moyen de 21,54 mm (soit 0.848") pour un poids moyen de 59,63 g (soit 920 grains). J'avais mesuré le diamètre du canon à la bouche à la cote de 22 mm tout rond. Naïvement, je m'attendais à ce qu'une balle introduite dans la tube tombe jusqu'au fond. Funeste erreur ! A environ 20 cm de la bouche, l'âme du canon se resserre et la balle est restée coincée. Plus étonnant, le diamètre du tube augmente ensuite pour se réduire à nouveau près du bouchon de culasse.  Il m'a fallu près de deux heures pour parvenir à sortir cette balle et je n'y suis parvenu qu'en la perçant. Au stand, quand le canon est propre, le poids de la baguette suffit à faire descendre la balle. Après plusieurs tirs, lorsque la crasse s'est déposée il faut s'employer un peu plus en particulier pour le second retreint…


Moule et balles :



La balle est posée sur une bourre grasse d'épaisseur 12,7 mm (1/2 "). J'ai commandé ces bourres prévues pour le calibre 7 de chasse chez Track Of The Wolf encore aux US. Ces bourres étaient sèches et je les imprégnées par immersion dans un bain de ma graisse habituelle pour poudre noire (végétaline + paraffine + huile d'olive). Ces bourres sont parfaitement adaptées au canon et garantissent une bonne étanchéité.


Bourres grasses :



La charge de poudre est composée de poudre Suisse N°3. Novice en ne qui concerne les armes à rechargement par la bouche, j'ai utilisé la poudre disponible à la maison. Classiquement, les amorces sont des amorces à ailettes.

Il était temps de passer aux premiers essais. J'ai rassemblé le matériel de tir dans une boîte en carton, je n'avais pas encore une de ces magnifiques caisses de tir dont sont équipés les spécialistes de la PN. J'ai préparé 10 tubes rempli de 5,1 grammes de Suisse N°3. Pourquoi 5,1 grammes ? Parce que j'ai déjà la dosette étalonnée dans mon matériel !

Et hop ! En route pour le stand ! J'ai d'abord tiré quelques amorces sans aucun problèmes. Prudent, j'ai décidé de tester l'arme sans l'épauler. Après l'avoir chargée d'une dose de poudre, d'une bourre grasse, et d'une balle, je l'ai arrimée solidement sur des pneus. Je suis placé plusieurs mètres derrière l'arme pour actionner la détente avec une cordelette bien caché derrière un pilier en béton du stand. Le coup est parti sans dommages pour l'arme. Ce premier essais étant concluant, j'ai doublé la dose de poudre (10,2 grammes donc !!!) pour les 2 coups suivants dans les mêmes conditions. La détonation a été violente et le recul important. Là encore, l'arme n'a pas semblé avoir souffert. L'idée était bien évidemment d'éprouver l'arme.

Comme il faut bien se lancer un jour, j'ai terminé ma séance par 5 tirs avec 5,1 grammes de poudre. J'ai tiré debout, la canardière reposant sur la fourquine. La cible était une C200 placée à 50 mètres. Le pointage de l'arme n'est pas si facile. Si la fourquine supporte bien le poids, il n'est pas très aisé d'être stable en latéral. Même avec une charge modeste de 5,1 grammes, le recul est assez violent. Les presque 60 grammes de la balle y sont pour beaucoup. Malgré un stress certain, j'ai mis les 5 coups en cible dont 3 dans le noir. Le préréglage de la visée n'était pas si mauvais à priori.


Je n'ai pas été très à l'aise dans la mise en œuvre de l'arme. Cette canardière est ma première arme longue se chargeant par la bouche et je manque clairement de pratique. Je n'avais pas de support pour l'arme ce qui ne simplifie pas l'utilisation de l'entonnoir à poudre ou de la baguette. Je dois m'organiser plus rationnellement à l'avenir. De retour à la maison , le nettoyage de l'arme s'est bien passé même si je dois encore affiner ma technique.


Après cette première séance riche en émotions, je suis retourné au stand avec la canardière. La dose de poudre est passée à 5,5 grammes de Suisse N°3, c'est la dose maximale qui peut rentrer dans mes tubes en plastique. Lors de cette séance, j'ai eu un petit soucis. Mal organisé sur le pas de tir, j'ai malencontreusement inséré deux balles dans le canon. Je ne m'en suis rendu compte qu'après avoir chargé l'arme en constatant qu'il me restait une dose de poudre de plus que de balles. Que faire ? Après avoir longuement hésité, j'ai décidé de tirer ce chargement (sans épauler, arme fixée sur la table de tir). J'avais gardé en mémoire le mauvais souvenir de la balle coincée. Cela relève probablement d'une certaine forme d'inconscience, mais l'arme a encaissé le choc sans problème ce qui m'a rassuré sur sa solidité. J'avais lu que cette sorte d'épreuve existait pour les armes à poudre noire : d'abord la double charge de poudre puis le double projectile.

Comme je n'avais pas envie de rééditer cette peu agréable expérience, j'ai profité des départementaux armes anciennes du Puy-de-Dôme pour voir comment les tireurs plus expérimentés que moi s'organisaient sur le pas de tir. J'enfonce probablement une porte ouverte, mais j'ai constaté que ces tireurs appliquaient une routine de rechargement extrêmement rigoureuse en répétant les mêmes gestes précis dans le même ordre. En outre, leurs composants (dosettes de poudre, balles, etc…) étaient rangés sur une planchette de tir. J'ai fabriqué ma propre planchette et il faut bien reconnaître que cela change la vie sur le pas de tir.

Au total, j'ai tiré une quarantaine de coups avec la canardière.  Depuis les premiers tirs j'ai abandonné la C200 à 50 mètres pour un centre de C50 collé sur un grand carré de carton. Pour faire vite, la trentaine d'impact relevés dans le carton tiennent dans la taille d'une C50. C'est  loin d'être brillant mais il faut bien se rappeler qu'il s'agit d'un canon lisse. Le tir est un peu bas et il faudrait refaire une planchette de hausse avec un œilleton plus haut. La fourquine soutien bien le poids de l'arme, mais elle a tendance à s'incliner à droite ou à gauche. Cela est la source d'écarts en latéral. Il est évident que je manque d'entrainement dans cette position de tir bien peu orthodoxe. Toutefois, le fait de tirer debout permet d'absorber le fort recul en souplesse puis que le corps est libre de reculer librement.



The end…


Dernière édition par lolo577 le Ven 17 Juin 2016, 17:01, édité 2 fois

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Re: Canardière à percussion GOUTOLLAU

Message  lionrobe le Mer 01 Aoû 2012, 00:46

Mais...tu ne pourrais pas laisser au stand un bloc plastique rempli d'eau ou l'équivalent comme l'on fait pour stabiliser les grands parasols de jardin, afin d'y enfoncer ta fourquine ?

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Re: Canardière à percussion GOUTOLLAU

Message  lolo577 le Mer 01 Aoû 2012, 09:23

lionrobe a écrit:Mais...tu ne pourrais pas laisser au stand un bloc plastique rempli d'eau ou l'équivalent comme l'on fait pour stabiliser les grands parasols de jardin, afin d'y enfoncer ta fourquine ?

C'est effectivement une possibilité à laquelle j'avais pensé. La stabilité serait alors idéale. Ce serait intéressant pour faire un groupement en vue de régler la visée. Par contre, je répugne toujours à avoir trop "d'assistance" au tir. J'essaie (pas toujours avec succès ) d'avoir le tir le plus naturel possible et donc sans appui...

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Re: Canardière à percussion GOUTOLLAU

Message  lionrobe le Mer 01 Aoû 2012, 09:45

lolo577 a écrit:
lionrobe a écrit:Mais...tu ne pourrais pas laisser au stand un bloc plastique rempli d'eau ou l'équivalent comme l'on fait pour stabiliser les grands parasols de jardin, afin d'y enfoncer ta fourquine ?

C'est effectivement une possibilité à laquelle j'avais pensé. La stabilité serait alors idéale. Ce serait intéressant pour faire un groupement en vue de régler la visée. Par contre, je répugne toujours à avoir trop "d'assistance" au tir. J'essaie (pas toujours avec succès ) d'avoir le tir le plus naturel possible et donc sans appui...

Mais, historiquement (c'est une question), les fourquines au combat devaient bien être plantées dans le sol, non ?

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Re: Canardière à percussion GOUTOLLAU

Message  Baccardi le Mer 01 Aoû 2012, 09:56

Félicitations pour ce travail de restauration absolument magnifique et pour la description des activités. Un des meilleurs sujets sur TCAR.
Quelle belle récompense que de pouvoir tirer avec.
Bravo

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Re: Canardière à percussion GOUTOLLAU

Message  lolo577 le Mer 01 Aoû 2012, 10:04

lionrobe a écrit:Mais, historiquement (c'est une question), les fourquines au combat devaient bien être plantées dans le sol, non ?

Effectivement, l'extrémité pointue de la fourquine pouvait être plantée dans un sol meuble. Cela devait aider à la stabilité de la visée, c'est évident.


Baccardi a écrit:Félicitations pour ce travail de restauration absolument magnifique et pour la description des activités. Un des meilleurs sujets sur TCAR.
Quelle belle récompense que de pouvoir tirer avec.
Bravo

Merci beaucoup. C'est aussi un plaisir pour moi, lorsque je parviens à en trouver le temps, de rédiger de tels articles. J'ai beaucoup appris sur les forums et j'estime naturel de partager...

J'ai un un autre projet en tête, bien plus contemporain, j'attends simplement que la préfecture me permette de passer à des choses plus concrètes...

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Re: Canardière à percussion GOUTOLLAU

Message  man le Mer 01 Aoû 2012, 14:56

Merci pour ce sujet encore une fois développe avec beaucoup de pédagogie et de simplicité !!
Cela paraitrai presque a la portée de tous.... Mais cela parait juste...

Même si je ne suis pas amateur de PN, j'ai pris beaucoup de plaisir a le parcourir

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Re: Canardière à percussion GOUTOLLAU

Message  lolo577 le Mer 01 Aoû 2012, 15:45

Merci, c'est très aimable et cela encourage à persévérer. Comme vous pouvez l'imaginer, il faut pas mal d'heures pour rédiger et illustrer une telle monographie.

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Re: Canardière à percussion GOUTOLLAU

Message  lionrobe le Mer 01 Aoû 2012, 15:55

lolo577 a écrit:Merci, c'est très aimable et cela encourage à persévérer. Comme vous pouvez l'imaginer, il faut pas mal d'heures pour rédiger et illustrer une telle monographie.

Il y a d'autres forums PN qui seraient ravis de te voir reposter ce sujet...
A défaut que tu veuilles t'y inscrire, on peut donner le lien ici ?

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Re: Canardière à percussion GOUTOLLAU

Message  lolo577 le Mer 01 Aoû 2012, 16:19

lionrobe a écrit: Il y a d'autres forums PN qui seraient ravis de te voir reposter ce sujet...
A défaut que tu veuilles t'y inscrire, on peut donner le lien ici ?

Je suis inscrit également sur d'autres forums consacrés à la PN, un où je poste de manière épisodique et deux sur lesquels je ne vais quasiment jamais. J'ai même déjà posté des textes consacrés à la canardière, textes bien plus succincts que le feuilleton. Les forums PN sont, à mes yeux, soit trop centrés sur les armes Western (revolver à particulier et c'est très respectable) soit trop élitistes et orientés vers la compétition Armes Anciennes (ce qui est respectable également). Parfois, sur certains forums PN, j'ai l'impression que l'échange est la "propriété" de certains membres très actifs et que les autres membres sont tout juste tolérés. Simplement et sans aucune démagogie de ma part, c'est ici sur le forum TCAR que je me sens le mieux.

Le texte du feuilleton existe sur ma machine dans un document word avec les liens vers les photos en HTML. Un simple copié-collé pourrait me permettre de diffuser vers un autre forum...




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