L'arme du tireur d'élite allemand de la Wehrmacht (1939-1945) : le Mauser K98k

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L'arme du tireur d'élite allemand de la Wehrmacht (1939-1945) : le Mauser K98k

Message  voigtlander le Ven 06 Juil 2012, 03:42

Le Mauser Kar98k de Tireur d'élite

Attention les photos ne sont toutes pas libre de droit, merci de ne pas diffuser.






L’attitude officielle de l’armée allemande envers la nécessité d’équiper ses troupes de fusils de tireurs d’élite, tout comme précédemment pendant la 1ère Guerre Mondiale dès 1915, fut établit comme non nécessaire à l’application de la doctrine du Blitzkrieg. Cependant certaines unités en furent doté et prouvèrent l’efficacité du Mauser 98k couplé à la ZF39, pour maitriser parfaitement le système de visée elles s’entrainèrent avant guerre avec des carabines d’entrainement de petit calibre ( .22lr) munies d’optiques spécialement destinées à être reçues sur ces carabines.

Le Traité de Versailles réclamait clairement que les fusils militaires munis d’optiques de visée destinés aux tireurs d’élite ainsi que l’entrainement de ceux-ci soient prohibés, beaucoup de firmes produisant des optiques destinées à l’usage militaire furent confrontées à  l’abandon pendant toute la période de Weimar. De ce fait dès 1931 les anciens fusils de « Scharfschützen » et les lunettes furent vendues uniquement aux officiers de l’armée pour leur usage personnel comme la chasse ou la participation à des compétitions sportives. Beaucoup de ces fusils seront modifiés afin d’être plus ergonomiques et pratiques, plus esthétiques ou plus légers. En 1934 toutes les lunettes non vendues furent proposées à la vente privée car elles ne seraient plus mises en service pour l’usage militaire. Cette politique est restée en vigueur jusqu’en 1938 quand l’ordre de vente fut révoqué.  Ce fut pendant la campagne de Russie, plus précisément en juin 1941 que les exigences d’une dotation conséquente de fusils de tireur d’élite et l’entrainement spécifique de ceux-ci, augmentèrent de façon spectaculaire.

En dépit de réussites personnelles les fusils de tireur d’élite allemands n’ont jamais égalé la capacité de leurs homologues russes à frapper constamment à chaque coup de feu une cible de la taille d’une tête à une distance de 300 mètres.



Ci-dessus, le fusil semi-automatique soviétique SVT-40 en dotation chez les tireurs d'élite soviétiques de 1940 à 1942.



Ci-dessus, le mythe, un G.41(W) pourvu de son montage ZF-40 (ici le montage semble être une très vieille copie, la ZF-41/1 est une "kov").

Il est à noter que de nombreuses optiques, en provenance de firmes européennes pour la plupart allemandes, équipèrent la Karabiner 98k, le Gewehr 33/40, le Gewehr 1941-1943 (G-41/G-43), le STG44 et le FG42. Une multitude de montages se succédèrent et se remplacèrent pour la plupart afin de palier à un problème mécanique, pratique ou tout simplement par manque de moyens mis à disposition.

Il serait incompréhensible de ne pas parler de l’évolution de la lunette et de ses supports utilisés par des troupes paramilitaires et militaires puisque le standard ZF39 est une lunette qui fut utilisée depuis 1927 par la Reichswehr, la Reichspost puis en 1935 par la Waffen SS et l’Allgemeine SS.

La ZF-39



Ci-dessus une carabine Mauser 1909 de cavalerie équipée d'une NEDINSCO 4x 30,8

Le nom même de Zf-39 (Zielfernrohr-1939) désigne un standard de lunette basé sur les cotes du modèle commercial  «Zielvier » produit par l’usine Carl Zeiss à Jena (Iéna en français ndlr) depuis 1921/1922. Ce standard fut adopté par la Wehrmacht le 12 novembre 1939 avec l’adoption parallèle du K98k à tourelle haute et basse.
Il faut comprendre dans « Zielvier » on entends «  Ziel » qui renvoi au mot «  Zielfernrohr » et « Vier » (Qui signifie « quatre » en allemand). Le mot Zielfernrohr est lui-même composé ainsi :
Ziel - cible (comme dans Zielgerät 1229 - système infrarouge pour Stg44)
fern - à distance (comme dans Fernsteuerung - télé(radio)commande)
Rohr - tube (comme dans Blasrohr - sarbacane)
Soit « lunette de visée » en français. En définitive « Zielvier » signifie « lunette de visée [grossissement] 4 fois. »
La Zeiss Zielvier fut règlementaire bien des années auparavant, elle fut montée sur des K98b de la Reichswehr vers 1927. On retrouve des lunettes sur des K98b avec des tambours allant jusqu’à 1000 mètres.

Ce standard ne concernait pas exclusivement la « Zielvier » de Zeiss mais également d’autres optiques ayant plus ou moins les mêmes caractéristiques et les mêmes cotes. La lunette « Heliavier » de Kahles, produite vers la fin des années 20, possède plus ou moins les cotes et est tout comme la Zielvier une optique de grossissement 4 fois. D’autres lunettes commerciales se rapprochaient également du modèle « Zielvier » commercial, nous retrouvons la lunette « Dialytan » (grossissement 4 fois) de la firme Hensoldt située à Wetzlar en Allemagne mais aussi bien d ‘autres optiques commerciales de l’époque.


Le grossissement 4 fois (ou « 4x ») permet d’avoir un champ de vision large et de pouvoir suivre avec plus d’aisance sa cible en mouvement. Pendant la Première Guerre Mondiale les lunettes de tireurs d’élite allemands étaient d’un plus faible grossissement (« 3 fois »), elles furent montées sur des fusils qui pouvaient tirer sensiblement à plus longue portée du fait de la plus grande longueur du canon. Ces optiques de marque Goerz  (Berlin) ou Voigtlander (Braunschweig) étaient plus petites et plus légères que celles qui allaient suivre dans les années à venir.
Le diamètre du tube standard de la ZF-39 commerciale est de 26,5mm et le réticule est de type 1 (« Absehen 1 » en allemand), mais on rencontre bien des optiques dépassant de quelques dixièmes voir de quelques millimètres ce standard. Ainsi les modèles « Heliavier » (26,9mm) ; « H/4x60 (26,9mm) » ; « H/6x49 (26,9mm) » ; « AJACK 4x90 (27mm)» ; « Ebra 4x/6x (27mm)» ; « Mayoscope (26mm)» ; « Soclar (30mm)» ; « Visar (26mm)»  sont soit inférieures ou supérieures à 26,5mm.

Le H Za (Heeres Zeugämter) disposait en nombre important des lunettes Carl  Zeiss Jena « Zielvier » c’est ce pourquoi il fut convenu de tester ces lunettes sur les tout nouveaux montages à tourelles inspirés des montages utilisés lors de la « Grande Guerre » (1914-1918). Ces lunettes Zeiss à bonne intensité lumineuse (30,Cool permettaient l’utilisation de l’arme sans avoir à retoucher au préalable le levier d’armement. Cette retouche du levier d’armement était la conséquence d’un oculaire trop gros, par conséquent comme il existait un bon nombre d’optiques de grossissement 4x à l’époque, avec toutes des cotes différentes, la Carl Zeiss Jena «  Zielvier » fut retenue afin d’équiper les tout premiers Mauser K98k assemblés des 1939 par le H Za. Mais ce ne fut pas la seule à être retenue. La DIALYTAN et la Ziel-Jagd d'Hensoldt furent également montées sans parler de la très prestigieuse Heliavier de Karl Kahles à Vienne.

Les montages

Une multitude de montages se succédèrent depuis la déclaration de guerre en 1939, voire même depuis 1918. Les premiers pas allemands vers la modernité, d'un montage à la fois fiable et dont la relative simplicité de conception permettait une utilisation militaire, se posèrent dès la Grande Guerre. En effet l'usine d'optique Goerz Berlin monta quelques Gewehr 98 avec ce qui semblait être l'ovule d'un montage à tourelle, autrement appelé "Semi-Tourelle". Figurant sur le catalogue de Goerz qui semblait en avoir l'exclusivité, il donna naissance aux tout premiers montages à tourelle destinés essentiellement à l'export. Ces premiers montages furent fabriqués en destination de l'Argentine via la Société belge Schneider & Cie en 1927. L'Argentine passa commande de 1500 pièces et devait envoyer les fusils modèle 1909 de cal. 7,65x53 directement en Allemagne afin que ceux-ci soient pourvus des dit montages. Les fusils devaient ensuite repasser par la Belgique pour l'export. Du fait des clauses du Traité de Versailles, Carl Zeiss Jena ne pouvait plus produire d'optiques à destination militaire. C'est pourquoi elle installa une filiale en Hollande sous le nom de NEDINSCO (Nederlandse Instrumenten Compagnie). La compagnie produisait donc des "Zielvier" sous le logo NEDINSCO avec un marquage bien spécifique (Nedinsco ‘s Gravenhage-Systeem - Carl Zeiss Jena-4x-30,Cool.



Ci-dessus, le logo de la firme NEDINSCO présent sur les Zielvier de la production de l'usine de Venlo.

NEDINSCO n'était pas la seule filiale de Zeiss Jena, une usine était également basée en Suède à Stockholm sous le nom de NORINAB (Nordiska Instrument Aktiebolaget) qui produisit des Zielvier pour la Tchécoslovaquie en 1923, 1924 et 1925. Toutes étaient réglementairement marquées avec leur date de mise en service dans l'armée tchèque. Zeiss put s'implanter en 1920 en Suède grâce au Danemark qui était déjà sous contrat avec la firme de Iéna. Cela permettait à M.Forstman, du bureau de Zeiss à Berlin, d'acheminer le matériel depuis l'Allemagne en coupant par le Danemark afin de gagner l'usine suédoise.



Et ci-dessus NORINAB...

Après cette courte page de contexte historique, revenons aux montages... Le montage à tourelle s'était bien vendu en Argentine sur les fusils et carabines 1909, cependant devant le coût et le temps que prenait l'assemblage et l'acheminement jusqu'en Argentine, seulement 500 sur 1500 montages furent exportés. Ce qui laissa un peu de stock.
Il faut attendre 1938 pour l'ordre de restriction concernant la production d'optiques militaire soit levé. Ainsi l'armée se réarmant, les principaux dépôts d'armement (les HZa ou Heeres Zeugämter) commencèrent à assembler les meilleurs fusils, sans tenir compte des origines de fabrication, avec les restes du contrat argentin. Ces premiers K98k furent assemblés avec les restes des optiques de la Grande Guerre, et des contrats Reichswehr.



Parallèlement, d'autres montages étaient à l'étude, comme le montage latéral de 1937 dit du Premier Type. Fabriqué dans le civil par de nombreuses compagnies comme Hermann Weihrauch, A.Jackenkroll Berlin ou bien AKAH. En revanche Carl Zeiss Jena n'a jamais fabriqué de montages pour Kar98k, quels qu'ils soient. Poussé à l'usage militaire, le latéral court se révéla fragile sur l'embase comme sur le chariot. Ainsi en 1938, il fut amélioré en y ajoutant trois contre vis à l'embase (naissance du Deuxième Type). En six mois depuis le commencement de la guerre en 1939 et suite à de nombreux retours de terrain, les latéraux de deuxième type sont améliorés progressivement à l'usine voire de façon "officieuse". On y ajoute tout d'abord deux tétons en acier traversant l'embase pour renforcer sa prise sur le boitier. Mais la faiblesse du levier de verrouillage tend à désolidariser le chariot de l'embase... Par ailleurs l'optique recule, alors on y a ajouté une fine lamelle de laiton sur le corps de l'optique afin de la maintenir entre les anneaux.

Ci-dessous le Premier Type (attention l'authenticité de la DIALYTAN Herborn est fortement mise en doute).





Ci-dessus, un Standard Modell, fabriqué par Mauser Werke Oberndorf a.Neckar en 1934. Attribué à la Deutsche Reichspost et converti par la SA pour l'entraînement des tireur d'élite.

L'échec est tel qu'on stoppe complètement le montage latéral court dès Mars-Avril 1940 au profit du montage à tourelle qui se révèle fiable en tout point. Mais ce dernier possède également son point faible : il est extrêmement long à produire du fait de sa complexité qui requiers de nombreuses passes d'usinage, d'ajustage et de pose.
Le montage à tourelle est donc simplifié par rapport au modèle initial destiné à l'export. La production et l'assemblage est directement pris en charge par la firme Mauser Werke AG Oberndorf a. Neckar en 1940.



Devant l'introduction d'une optique à moindre coût, la ZF-41 qui découle d'expérimentations parallèles à l'appel d'offre concernant le nouveau fusil semi-automatique de la Wehrmacht. Le haut Commandement de la Wehrmacht (O.K.W) qui regroupe les trois armes (Heer, Luftwaffe & Kriegsmarine) décide d'imposer la ZF-41 et son système de montage comme prioritaire dans la production d'armes de tireur d'élite.

Ainsi le montage à tourelle est stoppé au profit de cette petite optique dont quinze manufacturiers optiques, une manufacture d'armement pour les montages et trois usines d'assemblage (Mauser Borsigwalde & Oberndorf, Berlin Lübecker) seront les principaux acteurs.

Cette petite ZF-41, du bas de ses quelques 13 cm de tube et son pauvre grossissement de 1,5x fut très critiquée et boudée par les tireurs d'élite formés au "Scharfschützen Schule Seetaler Alpe".
Mauser Oberndorf assembla des ZF41 de 1941 à 1945 (sous le code « byf » jusqu’en 1944 et « svw » en 1945 sous le WaA135), Borsigwalde de 1941 à 1944 (sous le code "ar" et "bcd/ar" du fait de la provenance de certains composants tels que les boitiers en provenance de l'usine de Gustloff Werke Weimar, WaA36 ou 135) et Berlin Lübecker Maschinenfabrik (qui avait l'exclusivité du développement et de la production des montages) de 1941 à 1942 (sous le code "duv" et portant le WaA214).

Mais devant le nouvel échec de cette optique sur le terrain du fait de ses pauvres performances, la production de carabines à tourelle reprend fin 1942 chez Mauser Werke Oberndorf ("byf) ainsi que chez J.P Sauer & Söhn ("ce"). Le modèle simplifié du montage à tourelle est de nouveau en production. On note une transition en 1943 vers une nouvelle simplification du montage à tourelle. Celui-ci se voit supprimé de certaines passes d'usinage et certaines parties laissent place à l'emboutissage. On remarque que le téton en acier usiné faisant office de butée du levier de verrouillage du pied arrière, a laissé place à un téton en acier embouti. De même que la fixation du ressort de tourelle avant a complètement changé. Fini les deux demi-lunes en acier usiné fixées chacune par deux vis. Le nouveau modèle possède un ressort en V plus prononcé qui est clipsé directement dans le cône.

Le système de maintient du ressort ci-dessous.



On diminue le bourrelet et on augmente la hauteur de l'embase avant d'environ 6,35mm. La raison exacte est encore aujourd'hui inconnue et toute tentative d'explication ne serait que pure hypothèse. Mais d'après ma propre opinion, ce serait du en partie au différents types d'optique possédant chacune ses caractéristiques technique propres. Par exemple l'objectif de  44mm de l'A.JACK 4x90 est nettement plus imposant comparé aux 39mm de la Zielvier de Carl Zeiss Jena.
Ce nouveau montage à tourelle, baptisé "tourelle haute" sera en production jusqu'à la fin de la guerre en 1945.



Ci-dessus deux carabines munies de montages à tourelle haute (en haut : HENSOLDT Herborn DIALYTAN code "bek" 4x ; en bas : HENSOLDT & Söhn Wetzlar DIALYTAN code "bmj" 4x).

Mais devant la lenteur et le coût de production de cet onéreux montage dont l'assemblage prends beaucoup de temps, d'autres types de montages reviennent dans la course. On ressort le vieux et peu fiable montage latéral et un nouveau type de montage.



Ci-dessus le montage à simple crochet type "bnz" avec une DIALYTAN code "bmj" dépourvue de pare soleil.

Steyr Daimler Puch AG (Autriche, code "bnz"), lance fin 1942 un nouveau type de montage, directement inspiré du montage à double crochets. Il s'agit d'un montage à simple crochet dont l'embase avant épouse le tonnerre et est fixée par soudure à l'étain tandis que celle du pont arrière est soudée à l'étain et vissée en un point. Les crochets sont excentrés mais les pieds sont courbés pour remettre l'optique dans l'axe des rayures. Le montage est fiable et solide mais il souffre de la pénurie d'optiques militaires. Car on ne peut pas monter n'importe quelle lunette sur un simple crochet de chez Steyr Daimler. Le montage se désolidarise en faisant basculer la lunette vers l'avant. Du coup la norme du pare-soleil entre en conflit avec le principe même du montage. De ce fait, seulement quelques manufacturiers ont vendu leurs optiques à Steyr... La production de K98k à montage "bnz" cesse courant 1944.

Concernant le latéral c'est l'usine J.P Sauer & Söhn qui reprend les expérimentations. Très courtes car malgré l'ajout d'une valve de verrouillage de chariot qui met fin aux problèmes de maintient de ce dernier, le montage prend inévitablement du jeu sur le front. Ce nouveau problème se situe directement sur l'embase, le montage bouge !

Sauer commence donc à développer une nouvelle embase, dont la portée sur le boitier est plus grande. Car la lourde ZF-39 alliée au recul de la 8x57IS favorise l'apparition de jeu sur le montage. Sauer développe donc une plus longue embase, toujours maintenue par 3 vis, 3 contre vis et 2 tétons. Mais afin de garantir une plus grande rigidité, la face réceptrice du boitier est plus épaisse et ce de fonderie. Ce nouveau boitier renforcé est très rapidement sous traité à l'usine d'Astra à Chemnitz. Usine qui produit déjà des boitiers pour Gustloff Werke. Ces boitiers spéciaux sont équipés des meilleurs canons et parfois même de canons de MG dont on a converti le filetage avec une bague spéciale afin qu'ils soient adaptables sur boitier 98.



Ci-dessus un K98k doté d'un montage latéral long produit par Walther et surmonté d'une A.JACK 4x90 à bague de retenue.

Sauer qui quitte la production de montage à tourelle haute en faveur de la production du nouveau "MP-44", laisse également la production du latéral long à Gustloff Werke. Gustloff se fait donc directement alimenter par Astra en boitiers renforcés. Le tout premier modèle développé par Sauer possédait des colliers ouverts en acier usiné et frappés du tampon WaA37. Mais ceux de chez Gustloff étaient sous traités à l'usine de Zella Mehlis chez Carl Walther Waffenfabrik sous le WaA359. Il est fort possible que Weihrauch ait obtenu une dépendance à l'usine Walther tout comme Optikotechna à l'usine de Brno. Ce qui pourrait justifier le n° du WaA sur les montages Gustloff.



Ci-dessus la première variante à colliers en acier usiné, ici l'optique est une Optikotechna 4x.

Par soucis d'économie, les demi-lunes en acier usiné sont supprimées et laissent place à deux bandes de 17mm serrant la lunette ZF-39 contre le montage. D'ailleurs les manufacturiers d'optiques adaptèrent leurs lunettes à ce type de montage par l'ajout d'une bague en acier usiné à l'avant du tambour afin de prévenir le refoulement vers l'avant lors du tir.
Mais courant 44 les 17mm sont remplacées par des 22mm, plus larges afin d'avoir une plus grande surface d'appui.

Le montage latéral long a perduré jusqu'en 1945 chez Gustloff Werke et 1944 chez J.P Sauer & Söhn. C'est le seul montage Wehrmacht qui est conservé jusqu'en 1945 (hors SS).


Les optiques

[justify]Outre la multitude de variations dans les montages de lunette, il existe une multitude de modèles dans les optiques. Sans parler intensément des modèles civils, les modèles militaires y sont toutefois étroitement liés. En effet, le "Scharfschützen" utilise sur le front, la version militarisée d'un grand modèle commercial. Chaque firme possédait le fleuron de son catalogue, un modèle robuste, fiable et de bonne qualité.

A cela il ne faut pas oublier qu'à cette époque, l'optique européenne est considérée techniquement et qualitativement comme la meilleure du monde. Les jeunes Etats-Unis d'Amérique sont restés depuis des dizaines et des dizaines d'années à la lunette de type Malcolm. Ce type d'optique est une lunette de faible grossissement (3x-5x), possédant un diamètre de tube relativement petit, une longueur totale assez importante et un système de réglage extérieur. Le corps ne se suffit pas à lui même, il est pourvu de lentilles grossissantes et d'un réticule ainsi que d'un réglage de focale et de parallaxe mais le réglage en azimut et en élévation se fait via des tambours externes.

Ci-dessous le réglage externe des optiques de la lignée américaine, ici une Ross London avec montage Parker Hale (G-B).



Lorsque Carl Zeiss Jena lance sa "Zielvier" en 1920, le reste du marché est encore plein d'optique à faible diamètre d'objectif, lunettes monocorps, optiques à prisme... Cette Zielvier marque une rupture dans l'histoire de l'optique de visée moderne, c'est en quelque sorte une lunette assez en avance sur son temps.  Le catalogue de Goerz Berlin Friedenau en 1921 ainsi que de nombreux autres démontrent que la Zeiss permet à l'optique allemande de faire un bond. Mais Zeiss n'est pas le seul à faire dans la lunette de qualité... Adolf Jackenkroll à Berlin à démontré que pendant la Grande Guerre il savait également faire dans l'optique de grande qualité. Cette entreprise développa et produisit des optiques qui furent considérées comme faisant partie du haut de gamme de l'époque. Sur les premiers modèles jusque tardivement dans les années 10, Jackenkroll gravait ses tubes de la mention commerciale : "A.Jackenkroll Berlin S.O 33". Rapidement il réduisit le marquage à A.JACK (puis plus tard "AJACK"). A.JACK avait donc sur son catalogue de 1921, des optiques à fort objectif, dont le grossissement allait jusqu'à 10x ! Un record pour l'époque.

Ci-dessous la Gewehr Zielfernrohr III (GZ III) de Zeiss Jena, lunette à prisme à destination militaire conçue en 1904 (La GZ I) .





Ci-dessus le catalogue de C.P Goerz, dont on aperçoit la commercialisation du montage à semi-tourelle de l'entreprise.



Idem chez Voigtländer & Sohne, le faible objectif est toujours de rigueur sur ce catalogue de 1921...



Et le catalogue d'A.JACK en 1921... les bases sont posées puisque la plupart des modèles de 1921 seront encore commercialisés en 1938.

Pour être un peu "technique" car il est inexact de dire qu' A.JACK commercialise en 1938 les exemplaires exacts des modèles de 1921, il est essentiel de dire que les optiques ont été très sensiblement modifiées. Exit l'oculaire à l'épaulement obtus, le nouveau type d'oculaire est plus gros en diamètre et l'épaulement est beaucoup plus aigu.

Comme en atteste ce modèle 4x90 à tourelle basse de 1943 :



Ceci explique cela entre "guillemets", ce sont ce genre d'entreprises qui alimentèrent l'Allemagne Nazie en optiques. Plus modestement, A.JACK et Zeiss passèrent contrat pour la vente d'optiques à destination militaire dès le début de la guerre. On retrouve inévitablement les meilleures optiques de leur catalogue dans la catégorie des "4x", le grossissement standard de l'usage militaire polyvalent.
Ainsi les "Zielvier" de Zeiss Jena et les "4x90" d'A.JACK se retrouvèrent sur les tout premiers montages à usage strictement militaire en 1939. Mais il faut souligner le fait que c'est principalement la branche militaire de la SS, la Waffen SS qui utilisa le modèle 4x90 sur les montages latéraux, délaissés en 1940 au profit de la ZF-41.

Ci-dessous on retrouve d'ailleurs un éclaté de la Zielvier dans les archives de Zeiss, déménagées à Oberköchen par les forces armées étasuniennes.



Mais ces deux optiques n'étaient pas les seules à être sur le top ten des optiques européennes de qualité supérieure. Placée en tête, la Heliavier de K.Kahles Wien était l'optique la plus onéreuse, la plus prestigieuse. En effet, cette petite lunette autrichienne découle d'un savoir faire autrichien depuis 1898 (1856 pour Zeiss Jena), et joui d'une solide réputation. La DIALYTAN d'Hensoldt & Söhn Werke AG Wetzlar est également dans cette liste d'optiques de haut de gamme. La compagnie Hensoldt ayant été rachetée en partie par Zeiss Jena en 1927. Zeiss est partout dans le marché de l'export comme dans le marche intra-européen. D'ailleurs la compagnie vient tout juste de lancer en 1921 la toute première optique à grossissement variable de l'histoire, la Zieldovier (1-4x, champ de vision de 10,8m à 100m et distance oculaire de 80mm) et la Zieldosechs (1-6x, champ de vision 7m à 100m et distance oculaire de 80mm). Mais si l'on peut passer de 1x à 4x en deux positions, il faut attendre 1922 pour que Zeiss lance la Zielmulti (1-4x) et la Zielmultar (1-6x), deux optiques dont on peut augmenter progressivement le grossissement. Véritable avancée technologique, elle permet à Zeiss de rester dans le haut du panier dans la recherche.

Ci-dessous le catalogue Zeiss Jena de 1926.







Ci-dessus la Zielmulti (1-4x).

Ci-dessous la Zielmultar (1-6x)





Montée de façon réglementaire dans l'armée finlandaise sur Mosin Nagant M-27.




Ce qui nous amène aux lunettes militaires de la Seconde Guerre...

Si La Zielvier, l'Heliavier, la 4x90 (d'A.JACK) et la DIALYTAN sont parties favorites, d'autres optiques seront réglementaires.

En 1939, la seule production de carabines Mauser K98k de tireur d'élite est assurée par les dépôts d'armement disséminés en Allemagne. Ces derniers assemblent principalement des carabines à tourelle avec les restes du contrat argentin. L'optique couramment rencontrée est la Carl Zeiss Jena Zielvier. Les exemplaires sont gravés voire peints au numéro de l'arme et régimentés. La procédure de régimentation s'applique sur le papier jusqu'en 1941 lorsque le III Reich attaque l'Union Soviétique. Alors le Haut Commandement de la Wehrmacht prohibe tout marquage autres que ceux accordés depuis octobre 1940 afin de ne pas permettre l'identification, la quantification des unités au combat. Par ailleurs, tout marquage commercial est prohibé afin d'éviter toute localisation des usines et complexes militaro-industriels (pour éviter tout bombardement localisé ou acte de sabotage).

L'optique est fidèlement représentée dans le manuel règlementaire D 134.









Ci-dessus le Mauser à tourelle assemblé par le HZa tel que représenté dans le manuel D 134 de 1940.


Mauser Werke AG Oberndorf a.N prend donc en charge la production totale de carabines à tourelle basse pour la seule année 1940 puisqu'en 1941, la ZF-41 supplante progressivement la ZF-39 à tourelle. Toutefois J.P Sauer & Söhn et Mauser Oberndorf produisent tout deux des carabine à tourelle basse de 1941 jusque fin 1943 où la transition s'opère vers une simplification : le montage à tourelle haute. On dénombre beaucoup plus d'exemplaires produits chez Mauser que chez Sauer, en gros pour 10 Mauser il n'y qu'un seul Sauer.

Les optiques retrouvées sur ces premiers montages tourelle basse dit "de guerre" ("Wartime" en anglais) sont les suivantes :

- AJACK 4x90

Dépourvues de pare-soleil, elles possèdent encore leur anneau de réglage de focale. Les tambours sont toutefois réglementairement gravés de 100 à 800m comme ceci : v-2-3-4-5-6-7-8



- Hensoldt & Sohne Werke AG Wetzlar modèle DIALYTAN 4x

Ci-dessous, l'authentique dessin technique du modèle DIALYTAN 4x



Il s'agit uniquement de modèles commerciaux convertis pour l'usage militaire. La transition vers le code "bmj" se fait fin 1942 avec l'apparition des premières DIALYTAN 4x codée "bmj".



Ci-dessus, une illustration tirée d'un manuel du tireur d'élite en mai 1943. On note bien qu'il s'agit de :

Lunette a =Kahles Heliavier 4x
Lunette b =Zeiss Zielvier 4x
Lunette c =Hensoldt DIALYTAN 4x
Lunette d =Hensoldt Ziel-Jagd 4x
Lunette e =Ajack 4x90
Lunette f = Zeiss Zielsechs 6x

La pénurie d'optique est telle qu'on prend un peu ce qui passe sous la main sans pour autant négliger le calibrage des tambours de hausse.


- Carl Zeiss Jena Zielvier 4x 30,8

Il s'agit ici de modèles issus du contrat Reichswehr, du marché civil et quelques productions neuves. Celles étant issues de Kar98b gardent leur tambour gradué de 100 à 1000m et leur plateau de focus gradué (les fraisages sont remplis à l'étain, faisant apparaître les numéros en relief). Celles issues du marché civil est de la production neuve sont situées entre le n° 30 000 et 70 000. Dès 1942 si l'optique retourne à l'atelier, elle est dotée d'un pare-soleil plein (sans fraisages de drainage) et de la nouvelle graisse permettant l'utilisation par grand froid (Instrument Fett 1442) dont le code est un +. Sa couleur varie en fonction du climat de destination, bleu pour une utilisation par grand froid, blanc pour un climat tempéré et vert pour un usage en climat tropical.

- Gerard B3x, Gerard C 4 ½x et la Gerard M4 x.



Ci-dessus, une Kar98az montée d'une lunette modèle K produite par "Dr Gérard Charlottenburg. Le faible diamètre de cette dernière (27mm) pouvait tout à fait permettre un recyclage sur montage à tourelle. Ce sont les vestiges des carabines attribués aux forces de police et qui le restèrent en partie pendant toute la durée de la guerre.

Ci-dessous le catalogue Gérard Charlottenburg de 1921.





Ce sont des optiques issues de la Grande Guerre et de l'entre-deux guerre. Le stock de B3x de la Grande Guerre est réutilisé par les HZa et Mauser Werke, certains exemplaires sont "généreusement" donnés par des entreprises privées qui n'hésitent pas à le mentionner par gravure sur le tube de l'optique. Concernant la C 4,5x et la M4x, ce sont des optiques qui ont été en dotation dans la Reichswehr.


S'ensuivirent les optiques montées sur les montages latéraux courts de Premier et Deuxième type...

Attention toutefois à ne pas introduire le modèle dit de la "Ordnungspolizei"  de 1941 qui lui est bien spécifique. Notamment via le contrat passé avec l'entreprise P.Köhler Berlin. Ces lunettes sont calibrées pour des tirs allant jusqu'à 400m (1-2-3-4), alors que le standard militaire va jusqu'à 800m.

Les montages latéraux perdurent dans les ateliers SS où l'on récupère tout ce dont les usines officielles ne veulent plus. Le fait que la ZF-41 soit imposée fait le bonheur des unités SS qui reçoivent des K98k rendus anonymes par meulage des précédents marquages. C'est pourquoi on retrouve principalement des optiques commerciales repassées dans les ateliers SS. Toutes ont le n° de l'arme gravé sur le tube et sont marquées pour la plupart "SS-Dienstglas". Mais l'on retrouve principalement deux types de lunettes récurrentes : la 4x90 d'AJACK et la DIALYTAN d'Hensoldt Wetzlar.

Côté Mauser Werke et J.P Sauer & Söhn on retrouve les mêmes optiques à quelques différences près. Le n° du fusil n'est pas gravé sur le corps de lunette et le tambour de hausse ne comporte aucun marquage SS outre ceux du fabricant. Une différence qui fait toute la différence... Les montages SS sont placés avec découpe du bois tandis que ceux qui sortent des manufactures officielles se voient "cachées" sous le bois. La crosse est travaillée de l'intérieur afin de retirer suffisamment de matière afin que l'embase s'y place sans problème. D'ailleurs côté SS, les montages sont achetés chez Hermann Weihrauch dont le logo apparaît très nettement sur le chariot (HWZ : Hermann Weihrauch Zella-Mehlis).

Voici une carabine à rail court SS







Voici une carabine à rail court Wehrmacht assemblée chez J.P Sauer & Söhn en 1942





On arrive en 1942 et à la fin de l'année le tourelle basse refait surface avec un nouveau type d'optique. Enfin plus ou moins, puisque ce sont tout bonnement les mêmes modèles de lunette mais adaptées à l'usage strictement militaire (ajout de pare-soleil, focus bloqué réticule plus ou moins standardisé afin d'apprécier les distances...). Cependant quelques optiques issues du marché civil sont utilisées mais "militarisées" comme l'AJACK 6x50, la Zielsechs ou bien la Ziel-Dialyt.





Ci-dessus un J.P Sauer & Söhn doté d'un montage tourelle haute et d'une Karl Kahles Wien H/4x60 précoce tourelle basse (pare soleil court, n° inférieur à 41000 et focus bloqué par le haut) -> Edit : il semblerait que l'assemblage soit douteux sous réserve d'une minutieuse analyse du fait de l'incompatibilité entre tourelle haute et basse.


Ci-dessous une illustration tirée d'un manuel d'entrainement des tireurs d'élite en 1943.



Les optiques militarisées montées sur montage à tourelle basse de 1942 à 1943 sont :

- DIALYTAN 4x "bmj" et "dkl" (le code "dkl" est attribué en avril 1941 au fabricant Josef Schneider Optische Werke Bad-Kreuznach. Hensoldt autorisa J.Schneider à produire la DIALYTAN, cette dernière lui envoyait toutes les pièces sauf le tube qui était fabriqué sur place à Kreuznach. Schneider fabriquait les lentilles et assemblait les optiques en apposant son code de guerre : dkl).

La "bmj"




La "dkl"



- H/4x60, Kahles est un des seuls manufacturiers à apposer le marquage commercial en 1943. Cela prend fin en 1944 avec l'apparition de la variante marquée "cad" (code attribué en mars 1941). C'est le seul manufacturier à user de Zamak comme composant principal des pièces de la lunette (pare-soleil, tambour, bloc réticule et focus, bagues de lentilles).



- AJACK 4x90, l'usine de Berlin est la seule de toute la guerre à avoir produit des optiques du début jusqu'en 1945 avec le logo commercial, pourtant interdit dès 1941.



- Zeiss Militärabteilung Zielvier "blc", c'est la variante strictement militaire de la Zielvier, le logo commercial est retiré en faveur du code de guerre. Un pare soleil en acier usiné a été ajouté.







On arrive donc en 1943 et le montage à tourelle basse est toujours produit. Parallèlement Sauer expérimente de nouveau sur le latéral court et envisage sérieusement de palier aux problèmes de celui-ci comme dit précédemment. L'expérimentation du latéral long commence... Mais ici nous allons parler des optiques en vigueur sur les K98k à tourelle haute.
Il faut savoir que la transition s'opère chez nos deux fabricants de carabines à tourelle, Sauer & Mauser. En réalité Sauer se fait approvisionner en montage de chez Mauser. Tous exempt de marquages, c'est à l'usine Sauer de s'occuper de les monter sur ses carabines triées sur le volet.


Ci-dessus deux photos d'un Kar98k à tourelle haute produit chez Mauser Werke





Quelques particularités de chez J.P Sauer & Söhn comparées à celles de chez Mauser :

Les carabines assemblées chez Sauer ne comportent qu'un seul tampon d'épreuve du banc de tireur d'élite. Ce tampon désigne l'arme apte à être reçue sur la chaîne de montage. Chez Sauer ce tampon du WaA comporte le n° attribué à l'usine : WaA37. Il est placé tout à gauche du n° de série.

Ci-dessous, détail du tampon d'épreuve de boitier.





D'autre part Sauer frappe le numéro de série uniquement sur le bourrelet du montage (face gauche) et sur la face gauche du pied arrière (là où se trouve le levier de verrouillage).

Ci-dessous, détail des frappes du n° de série sur le montage.





Chez J.P Sauer & Söhn, seulement deux manufacturiers d'optique ont passé contrat : J.Schneider Bad Kreuznach & Karl Kahles Wien Öst.

Donc toutes les DIALYTAN dkl munies de pieds de montage à tourelle haute ou basse sont inévitablement sorties de l'usine de Suhl. Mais étant donné la maigre production de carabines à lunette chez Sauer, la probabilité de trouver une carabine Sauer est réduite alors que celle de trouver une Mauser est augmentée (ne pas oublier : environ 10 Mauser pour 1 Sauer).

Kahles n'a fourni qu'un seul type de lunette en tourelle chez Sauer, la H/4x60. Elles sont dotées d'un pare-soleil court et d'un blocage de focale par le haut.

Comme celle-ci




Chez Mauser Werke, la chanson est légèrement différente. Etant le seul manufacturier à produire des montages, c'est aussi le seul qui en produit en quantité. Si Sauer reçoit des montages de chez Mauser, sa production n'est pas la même. Les lunettes arrivent par caisse et l'on retouche le tube pour que l'étain y accroche fermement. Les carabines sont des carabines standard triées pour leur précision supérieure. Une fois l'arme sélectionnée, elle reçoit le tampon 135 placé à droite de la lettre de suffixe (on peut remarquer cependant que, lorsque la lettre est trop à droite et ne laisse pas réellement de place, le tampon est placé entre la lettre et le numéro, mais toujours à droite). Tout comme chez Sauer, le boitier est meulé pour créer une surface légèrement plus rugueuse afin de souder l'embase avant et arrière à l'étain. Puis quatre trous sont percés à environ 45 ° puis taraudés et l'on y visse des vis coniques. On enlève l'excès d'étain par polissage, ce qui tend à rendre les marquages (Aigle d'épreuve, n° de série [+ lettre de suffixe] et épreuve de TE) plus légers.
Tout comme les pièces "standard" comme le percuteur, la culasse etc... Si le montage doit être repris à la main par un ouvrier qualifié, un coup de tampon "WR" est frappé sur la partie correspondante à la retouche. La police de ce tampon varie en fonction des pièces.

La numérotation du montage chez Mauser se fait sur la face gauche de l'anneau de tourelle avant, et sous le pied de tourelle arrière.

Ci-dessous, détail du pied arrière sur deux optiques issues de chez Mauser Werke. (A droite une AJACK 4x90 et à gauche une Kahles cad)



Ci-dessous, détail du tampon WR (Werke Revision : révision d'usine).



Bien sûr les optiques suivent un contrôle rigoureux en manufacture, celles qui ne peuvent être montées et réglées sont systématiquement rejetées (le cas est similaire sur des milliers de ZF-4).

Mauser a contracté avec beaucoup plus de firmes que Sauer concernant les optiques. Voici la liste :

Karl Kahles Wien Österreich (Autriche) :



Ci-dessus, une Kahles 4x60 marquée "cad", assemblée chez Mauser Oberndorf (byf).

Ces Kahles sont sans exception des "cad" et montées à partir de 1944. Aucune H/4x60 à tourelle n'a été retrouvée chez "byf".

AJACK Berlin :



Toutes les AJACK à tourelle (basse ou haute) sont sorties de l'usine Mauser Oberndorf. Le plus gros de la production est produit en 1944 mais la qualité de la finition générale se dégrade progressivement. En 1945 les tubes sont quasiment dépourvus de tout polissage post-tournage.

Hensoldt & Söhn Werke AG Wetzlar

Il y a eu trois grands types de DIALYTAN de l'usine de Wetzlar, le deuxième était composé d'une lunette dont l'épaulement de l'objectif était solidaire du tube. Le troisième type, est une lunette donc le corps est fileté à l'extrémité pour y visser un objectif amovible. Cela pouvait faciliter la production et la réparation éventuelle.

Type 1 (sur montage BNZ, latéral court ou tourelle basse)




Type 2




Type 3




Hensoldt Werke, Herborn

L'usine d'Herborn a également fourni Mauser en DIALYTAN, la leur était sensiblement différente de l'originelle. En revanche, les exemplaires montés en tourelle haute sont fort rares.




Et la suite fut !!!!





Ci-dessus, ultra rare lunette Gérard B3x recyclée sur K98k ZF-39





Aller on continue si vous le voulez bien (merci de demander l’autorisation de l’auteur afin de reprendre des illustrations ou propos argumentés).

On va se coltiner les premières séries officielles de K98k de tireur d’élite.

Le montage à tourelle basse de premier type

L’armée allemande ayant goûté à la guerre avec la campagne de Pologne, on suppose que la demande est devenue de plus en plus croissante afin d’équiper quelques soldats triés sur le volet, d’arme de TE. Il a sans dire que la formation semble sélective puisqu’elle donne au tireur d’élite tous les outils de compréhension et d’observation du terrain dont il aura besoin. Celle-ci est notamment visible dans une vidéo  de propagande échelonnée en plusieurs épisodes, retraçant la formation du soldat. Outre les qualités recommandées et l’art de l’observation et du camouflage, le TE allemand se voyait doté d’un tout nouveau type de carabine à lunette.
Bien entendu l’arme de base ne changeait pas, il subsistait toujours le modèle 98k de 1934. Toutefois les ingénieurs de Mauser Oberndorf se sont décarcassés afin de trouver un montage adéquat pour cette arme. Pour qu’il soit apte au service il devait réunir un certain nombre d’éléments, essentiels pour le cahier des charges de l’époque : permettre le tir de secours avec les instruments de visée mécaniques, être solide et fiable en condition de combat, permettre une interchangeabilité et un entretien acceptable.
Il en est sorti le bon vieux montage à tourelle.
Ce montage est issu d’une conception tout à fait originale, supposé s’être inspiré du montage des Goertz de la Première Guerre. Il a été commandé par l’Argentine afin d’équiper les Mauser 1909 existants vers 1923. Cette commande comprenant environ 1500 lunettes ne pouvait être livrée par Carl Zeiss Jena, seul détenteur du brevet de la Zielvier (1920), en raison des clauses liées à la fabrication des optiques à destination militaire par le Traité de Versailles. Ainsi Zeiss Jena ouvra deux filiales afin de satisfaire aux commandes liées à l’export ; l’une en Hollande (NEDINSCO) et l’autre en Suède (NORINAB).

Ci-dessous deux images d'une NEDINSCO assemblée et régimentée en Argentine







Initialement le tout devait être assemblé et réglé en Hollande chez Nedinsco à Venlo. Toutefois seulement 500 fusils furent assemblés et livrés à l’Argentine, le reste (1000 lunettes) fut expédié et c’est l’Argentine elle-même qui procéda à l’assemblage.
Concernant la finition, c’est un montage parfaitement bien poli et bronzé noir à reflets bleu de toute beauté. Chaque pièce essentielle est frappée au numéro du lot de montage. La Zielvier argentine (Nedinsco) présente un tambour 1-12 et un disque de focus gradué. Il est gravé sur le tube le célèbre logo de Zeiss à Jena mais en appendice, juste au-dessus, celui de Nedinsco.

Ci-dessous le tambour de la NEDINSCO



Et le fusil 1909/27 de TE argentin




Revenons à nos moutons…


Il faut attendre début 1940 avant que la lunette officielle de tireur d’élite ne soit adoptée : la Zeiss Zielvier. Le réarmement battant son plein depuis quelques années, Zeiss pu refabriquer, sans contraintes, le modèle Zielvier à destination commerciale jusqu’en 1940-41. Les nouvelles carabines de TE équipées du montage à tourelle et de la Zeiss Zielvier sont supposées avoir été assemblées dans des dépôts d’armement (HZa : Heeres Zeugämter) et chez Mauser Werke AG Oberndorf Am Neckar. Toutefois très rares sont les exemplaires retrouvés de chez Mauser (quelques exemplaires connus dans le Monde), de même pour les exemplaires assemblés dans les dépôts.
La sélection de ces carabines ayant déjà été traité, passons à l’historique et au détail du couple : lunette/montage.

Le montage se présente d’excellente facture, le premier type étant considéré comme le meilleur montage en tous points de la Seconde Guerre Mondiale. L’acier est de haute qualité, parfaitement poli, dont la cémentation est aussi dure que celle du boitier (généralement on ne peut ne serait-ce que marquer le bronzage avec un tournevis). Le polissage du montage reflète parfaitement un superbe bronzage à chaud donnant un très beau noir à reflet bleu.
Toutefois ce nouveau montage à tourelle de 1940 présente certaines différences par rapport au montage à tourelle commercial argentin.
 Il n’y a aucun orifice de drainage de l’eau stagnante sur l’embase avant
 Un bourrelet plus épais
 Une butée par vis en acier usiné (généralement en tôle emboutie de forme goupille mécanindus)
 Le numéro de l’arme frappée sur le bourrelet avant (aucun numéro d’arme sur le montage type argentin)
 Pas de numéro de lot frappé
La lunette elle reste la même Zielvier que la commerciale courante mais, militarisée, elle comporte quelques variations.
Il faut savoir que Mauser ou les HZa n’ont pas eu de lots spéciaux de Zeiss à destination purement militaire avec une numérologie particulière. Lors de l’adoption officielle du K98k ZF-39 il y eu moultes variations de la Zielvier mais aussi de variations de lunettes.
En effet, la Zielvier n’était pas l’unique lunette militaire à avoir été montée en primeur en 1940. D’autres lunettes ont été montées sur le montage à tourelle basse. Parmi celles-ci on trouve de la Gérard 3x et 4x issues des anciens Gewehr 98 et des G98b de la Reichswehr ou de la Police. On trouve également des lunettes offertes par des commerçants (armuriers) comme Otto Bock etc…
Mais il y a aussi quelques variations de la Zielvier. N’oubliez pas que Zeiss avait deux filiales, dont l’une a écoulé le stock à l’export. Toutefois au début des années 20 la filiale suédoise se vit passer commande pour des lunettes Zielvier à destination militaire par la Tchécoslovaquie. Cette dernière menait des essais d’optiques, de montage et de carabines afin de doter son armée d’une arme de TE.
La Tchécoslovaquie passa donc commande chez Zeiss qui transmit celle-ci en 1922-23 à l’usine de Stockholm : NORINAB. NORINAB produisit deux lots d’une quantité relativement faible mais inconnue. Ces lunettes de haute qualité étaient reçues par la Tchécoslovaquie et gravées par le pays récepteur. On trouve alors entre l’objectif et le tambour quelques marquages très importants :
Les « + » ne sont là qu’à titre additionnels, ils ne sont bien entendu pas gravés.







Le numéro de lot (P.151 ou P.251) + le lion rampant tchèque + l’année de réception




Détails d'une extrêmement rare Zielvier NORINAB à tourelle basse premier type












Elles présentaient toutes les caractéristiques des lunettes de premier type de la série universelle des Zielvier (tambour type « haut » en laiton peint) toutefois les dimensions n’étaient pas strictement les mêmes, prouvant une fabrication suédoise et non allemande. En effet le diamètre interne du tube est plus large, il en va de même de l’oculaire. Ces parties ne sont donc absolument pas interchangeables avec une Zielvier NEDINSCO ou allemande de Jena. En revanche une pièce plus étroite des deux autres fabrications est adaptable.
De même que la NEDINSCO, au-dessus du logo commercial de Zeiss Jena y est gravé celui de NORINAB Stockholm.


Voici deux exemplaires de K98k ZF-39 équipés respectivement de leurs Zielvier Norinab (2 des 8 connus dans le Monde)








Les Zielvier NORINAB n’ont finalement pas été retenues (de même que d’autres optiques on suppose) pour équiper le nouveau Vz-24 tchèque. Ces deux maigres lots restèrent dans les dépôts, avec leurs montages tchèques dont le type nous est inconnu en raison de ce qui va suivre.
En 1938 lorsque l’Allemagne envahit les Sudètes, elle met également la main sur l’arsenal de haute qualité tchèque, comprenant ces lots de lunettes inutilisables immédiatement.
Toutefois avec l’introduction de la Zielvier comme modèle ZF-39 pour le K98k, ce reliquat de lunette va être recyclé afin d’être adaptable sur le K98k.
Les allemands de chez Mauser ont donc désolidarisé le montage tchèque des années 20 afin d’y mettre le tout nouveau montage à tourelle. Ces lunettes étaient également étalonnées de 1 à 8 (100 à 800 mètres) d’après la flèche balistique du 8x57IS du K98k. On retrouve sur le corps de l’optique, malgré la réutilisation, les marquages tchèque et l’unique trace circulaire du précédent montage.
Aujourd’hui on compte en tout et pour tout seulement 8 de ces lunettes connues dans le Monde.


Deux carabines K98k-ZF-39 de la division Brandeburg.



C’est une des lunettes les plus rares en tireur d’élite allemand qui ait été officiellement entré en service (pas le cas de la ZF-43 par exemple) avec la ZF-40 pour le G.41(W)
Cela concerne bien sûr une minuscule goutte d’eau parmi les lunettes assemblées sur le K98k en 1940. La plupart des autres Zielvier étaient des lunettes commerciales militarisées. Il subsiste également la part non négligeable des Zielvier du contrat Reichswehr de la fin des années 20 (numéro compris entre 18000 et 24000 environ), initialement montées sur un montage à crochet (ou une variante) sur K98b. Ces lunettes souvent régimentées étaient réutilisées sur montage à tourelle en cas de reliquat ou bien réutilisées sur le front avec l’arme d’origine si apte au service : le K98b.

Ci-dessous détail de la variante Reichswehr pour K98b avec son montage inspiré du "Semi Tourelle" de Goertz pendant la fin de la Première Guerre. Ici le tube est régimenté




Ci-dessous, détail d'une rare Reichswehr convertie Wehrmacht.










To be continued... Et j'ai encore bossé !


Le tourelle basse de 1943






Après un échec cuisant avec la ZF-41(40 et 41/1) et le rail court, Mauser Werke produisit à nouveau un K98k à tourelle. Le rail court était trop fragile dans sa conception, il n’était pas du tout fait pour l’usage militaire alors qu’il brillait en montage de chasse. Les compagnies productrices de rail court (AJACK et Hermann Weihrauch) ont expérimenté plusieurs possibilités afin de palier à divers problèmes.



Le premier étant que l’embase prenait du jeu au fil des tirs. La première version produite vers 1936-1937 ne possédait que trois vis de fixation et un verrouillage de chariot fait par la simple action d’un levier guidé par téton. La seconde version, en service exclusivement dans la SS avec des lunettes AJACK 4x90, fut produite en guise de remplacement par l’adjonction de trois contre vis. Le montage fut produit par Weihrauch et monté par la SS pendant une période s’étalant sur plusieurs années (vers 1938 jusque 1942-1943). Ces montages n’étaient pas non plus fiables dans le temps, d’autant plus que les carabines qui servaient de base étaient des G98 raccourcis, proprement, dont les marquages avaient presque été tous effacés.
Ces couples arme/montage/lunette ne donnaient toujours pas satisfaction en comparaison du K98k ZF-39, bien plus fiable mais aussi bien plus coûteux en temps, matériaux…
Ainsi il fut entrepris en 1942 par J.P Sauer & Söhn, de reprendre la fabrication du rail court d’Hermann Weihrauch et de tenter de l’améliorer pour le rendre plus fiable. Il lui fut donc rajouté deux goupilles rentrées en force dans le boitier, liant l’embase avec ce dernier ; et un verrouillage de chariot supplémentaire en la présence d’une vis à tête levier.
Mais la lunette avançait toujours et inexorablement… il fut donc entrepris, à l’échelon régimentaire (on suppose) de sertir une fine bande d’acier ou de laiton sur le corps de la lunette afin de la maintenir. Cette fine bande prenait place dans l’entre axe des deux anneaux du chariot.
Cela étant « bricolage » pour le rail court et inapproprié en ce qui concerne la ZF-41, il fallait impérativement revenir à un montage fiable et solide tout en essayant d’en réduire les coûts et le temps de fabrication. Il fut donc convenu de revenir sur le montage à tourelle.

Ce dernier différait de celui de 1940 par bien des aspects. Exit la finition bien soignée, bien polie… On retrouve sur ces montages à tourelle Mauser et Sauer, bien des traces d’usinage brutes telles que les coups de fraiseuse ou les traces de tour dont l’outil coupant était fatigué. Car l’acier de ces montages est de haute qualité, aussi dur que le boitier comme le précédent.
Le fabricant initial était Mauser Werke Oberndorf mais à la fin de l’année 43 (ou début 44) J.P Sauer se fit livrer des montages de chez Mauser afin d’assembler des carabines de TE. Les productions Mauser et Sauer diffèrent principalement dans les emplacements choisis pour frapper les numéros de série et également dans le positionnement de la lunette dans les anneaux.


Ci-dessous un rare K98k à tourelle basse Mauser lettre "i" (tardif) avec sa "bmj" au numéro (numéro de la lunette 65xxx, une des lunettes avec le plus petit numéro connu en tourelle chez "bmj").






Revenons à la genèse de la fabrication par Mauser, l’exemplaire le plus précoce à ce jour dont toutes les pièces sont au numéro (sans exception) est répertorié mondialement en lettre « h ». Il s’agit bien entendu d’un boitier frappé « byf 43 ». Il existe un autre exemplaire, plus confidentiel et lettré « g » mais hélas aucune pièce en dehors du boitier/canon n’est au numéro.
Mauser monta plusieurs types de lunettes sur ce montage à tourelle basse « simplifié » : des AJACK et des DIALYTAN codées « bmj » (code en vigueur depuis février 1941).
Les plus précoces sont les AJACK à ce jour, s’en suivent les « bmj » et AJACK jusqu’à la lettre « k ».
Ces lunettes portent un certain nombre de différence avec la Zielvier et les autres lunettes montées en 1940. Ces différences résident dans l’ajout d’un pare soleil principalement et d’un focus fixe (bloqué).

Ci-dessous un CE 44 sans lettre à tourelle basse de chez Sauer ainsi que les deux types de lunettes rencontrés sur ce dernier (DIALYTAN dkl et Kahles H/4x60)












Chez J.P Sauer & Söhn, le montage à tourelle n’arrive qu’aux doubles lettres vers fin 1943 (lettre « aa » par exemple) et au tout début de l’année 1944 (CE 44 sans lettre). L’arrivée tardive de Sauer dans l’assemblage du K98k à tourelle vient du fait que Sauer venait tout juste de laisser tomber le rail court de troisième type à la fin de l’année 1943.
Les optiques montées sur les K98k à tourelle de chez Sauer ne sont pas nombreuses non plus, uniquement des DIALYTAN codées « dkl » (Schneider Optik Bad-Kreuznach) et des H/4x60 (Karl Kahles Wien). Le modèle H/4x60, tout comme le modèle 4x90 de chez AJACK n’est qu’une version militarisée un peu plus avancée. C’est-à-dire que le focus est strictement fixe afin de laisser un débattement suffisant pour la mise en place des anneaux de tourelle et d’un pare soleil.

Inutile de parler numérologie de lunettes, ce serait long et ennuyeux pour la plupart des lecteurs…

Ci-dessous, comparaison entre une embase tourelle basse et une tourelle haute.

Tourelle basse, fraisage au fond



tourelle haute, fraisage à mi-hauteur



Le montage était donc très long et couteux à fabriquer, il fut entrepris de le simplifier encore plus au début de l’année 1944 par Mauser. Mauser étant le sous-traitant de montages pour Sauer, la production Sauer en fut directement affectée (mais aucun exemplaire n’est connu). Ainsi dans le bloc « byf 43 lettre l et byf 44 sans lettre » on voit apparaître ce que l’on appelle un tourelle dit de « transition ». Le seul exemplaire photographié est présenté dans la Bible du K98k de TE : The German Sniper 1914-1945 de P.Senich. On y voit donc un pied avant de tourelle dont la fixation du ressort de verrouillage a totalement changé. Exit les deux plaques en acier usiné maintenues par deux vis chacune, il s’agit désormais d’un ressort en tôle serti en deux points.
Afin de faire butée en cas de mauvaise manipulation liée à la rotation du pied avant de tourelle, l’usinage du tunnel de guidage de l’embase ne va pas jusqu’au bout sur la face intérieure gauche de l’embase. Sur une embase tourelle basse de 1940 ou de 1943 on y trouvait une plaque en acier maintenue à l’aide d’une vis traversante. Le procédé ayant été jugé trop long et coûteux, il fut convenu simplement d’établir une butée en marquant une butée par absence de prolongement du fraisage.
Mais avant toute chose trois détails importants ont changé sur l’embase avant et sur le pied avant :


 L’embase avant est plus haute
 Donc le tunnel de guidage du ressort de verrouillage est au milieu (il est au fond sur un tourelle basse)
 Le bourrelet du pied avant est plus mince et le pied se présente en une seule pièce usinée dans la masse (sur le tourelle basse, le ressort est maintenu par deux plaques en acier)
La transition se remarque donc sur ces points mais il est légitime de l’appeler telle quelle puisque c’est une étape intermédiaire. La simplification ne s’est donc pas faite sur le pied arrière qui reste strictement de tourelle basse. Il conserve donc pendant quelques temps de production, son épaulement caractéristique et sur les exemplaires tardifs de transition, le marquage à l’étoile à côté du classique WaA135.

Ci-dessous, un des plus bas K98k à tourelle basse recensé, un lettre "h" full matching avec une optique cohérente : une "bmj" sans lettre sur l'anneau avant.









Et un lettre "k", très tardif dans le tourelle basse.






Le pied avant avec le ressort serti n’est qu’un très court instant de ce que sera la version définitive du « tourelle haute ».
Détail important, les premiers K98k à tourelle basse en lettre « h », tout comme ceux qui sont supposés être antérieurs dont ceux de 1940, ont une sûreté standard. Tous les autres tourelles basse à partir de la lettre « i » jusqu’en 1945 avec le tourelle haute, ont une sûreté arasée. On suppose qu’elle a été mise en place afin de garantir aisément la mise en sûreté avec les diverses lunettes en service dont le diamètre de l’oculaire varie et ce encore


Dernière édition par voigtlander le Ven 14 Mar 2014, 02:49, édité 23 fois

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Re: L'arme du tireur d'élite allemand de la Wehrmacht (1939-1945) : le Mauser K98k

Message  HELIX le Ven 06 Juil 2012, 06:08



Michael je suis sur le c.l devant la qualité et le sérieux de cet article et je ne peux qu'attendre la suite avec impatience.
Un grand merci sachant l'investissement en temps que représente la réalisation d'un sujet tel que celui ci.




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Re: L'arme du tireur d'élite allemand de la Wehrmacht (1939-1945) : le Mauser K98k

Message  Invité le Ven 06 Juil 2012, 07:40


Mille mercis. Du texte et de la photo de qualité. Je cours montrer ton article aux germanophiles de mes connaissances.


Dernière édition par Alamas le Ven 06 Juil 2012, 07:42, édité 1 fois

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Re: L'arme du tireur d'élite allemand de la Wehrmacht (1939-1945) : le Mauser K98k

Message  max01 le Ven 06 Juil 2012, 07:42

Magnifique...........Un grand merci :bravo: :bravo: :bravo: :bravo: :bravo:

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Qui pisse loin....ménage ses pompes......

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Re: L'arme du tireur d'élite allemand de la Wehrmacht (1939-1945) : le Mauser K98k

Message  sandy le Ven 06 Juil 2012, 09:07

:bravo: impecable

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Re: L'arme du tireur d'élite allemand de la Wehrmacht (1939-1945) : le Mauser K98k

Message  Pocomas le Ven 06 Juil 2012, 09:10

Cet exposé de très haut niveau constitue une référence à n'en pas douter pour ceux qui se passionnent pour le sujet. Et ils sont nombreux.

Pocomas
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Re: L'arme du tireur d'élite allemand de la Wehrmacht (1939-1945) : le Mauser K98k

Message  lionrobe le Ven 06 Juil 2012, 09:19

Ah, celui-là on l'attendait depuis longtemps.... Very Happy
pdf immédiat, avec impression en plus....

Merchi beaucoup....

lionrobe
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Re: L'arme du tireur d'élite allemand de la Wehrmacht (1939-1945) : le Mauser K98k

Message  Invité le Ven 06 Juil 2012, 09:32

bon allez avoue,tu as fait un copié/collé de l'ouvrage de reference americain "the german binocles and monocles" de John snayper.en traduction automatique google...

non serieux,du super boulot. :bravo:

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Re: L'arme du tireur d'élite allemand de la Wehrmacht (1939-1945) : le Mauser K98k

Message  michfich le Ven 06 Juil 2012, 11:34


Alors, la bravo .... Superbe article... Vivement la suite...

Cldt
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Re: L'arme du tireur d'élite allemand de la Wehrmacht (1939-1945) : le Mauser K98k

Message  voigtlander le Ven 06 Juil 2012, 15:40

Merci à vous,

En effet ça prends du temps mais bon ça permet de démocratiser le sujet... Enfin pas dans ses moindres détails sinon ça servirait trop aux magouilleurs qui nous lisent.

Mise à jour concernant les lunettes (le reste va suivre).


Dernière édition par voigtlander le Ven 06 Juil 2012, 23:12, édité 1 fois

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Re: L'arme du tireur d'élite allemand de la Wehrmacht (1939-1945) : le Mauser K98k

Message  Baccardi le Ven 06 Juil 2012, 17:58

Magnifique, merci

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Re: L'arme du tireur d'élite allemand de la Wehrmacht (1939-1945) : le Mauser K98k

Message  Bijoux66 le Ven 06 Juil 2012, 19:24

Je vais au plus simple: BRAVO :bravo:

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Re: L'arme du tireur d'élite allemand de la Wehrmacht (1939-1945) : le Mauser K98k

Message  John MAUSER le Ven 06 Juil 2012, 19:59

Pas mieux que mes petits camarades ... du grand Michaël !
Merci pour l'exercice de rédaction et la qualité des photos.
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Re: L'arme du tireur d'élite allemand de la Wehrmacht (1939-1945) : le Mauser K98k

Message  bosco le Ven 06 Juil 2012, 21:16

bravo voigtlander

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http://www.armes-ufa.com/

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Re: L'arme du tireur d'élite allemand de la Wehrmacht (1939-1945) : le Mauser K98k

Message  voigtlander le Ven 06 Juil 2012, 23:13

Very Happy Merci !


Mise à jour !

Le reste suivra demain.

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Re: L'arme du tireur d'élite allemand de la Wehrmacht (1939-1945) : le Mauser K98k

Message  oam le Sam 07 Juil 2012, 07:29

merci pour ton travail.

------------------------

un script pour calculer le réglage de la hausse ou du guidon et un script pour le calcul du prix du tir à la poudre noire...

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Re: L'arme du tireur d'élite allemand de la Wehrmacht (1939-1945) : le Mauser K98k

Message  jipe le Sam 07 Juil 2012, 09:45

beaucoup de boulot et de recherche pour ce post bravo :bravo:

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Re: L'arme du tireur d'élite allemand de la Wehrmacht (1939-1945) : le Mauser K98k

Message  valinco le Sam 07 Juil 2012, 10:25

ENORME !

Salut, merci pour toutes ces infos !

N'ayant et ne connaissant pas le K98,
ça donne vraiment envie de s'y intéresser !

Je comprends maintenant d'où vient ton pseudo !

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Re: L'arme du tireur d'élite allemand de la Wehrmacht (1939-1945) : le Mauser K98k

Message  Invité le Sam 07 Juil 2012, 12:08

très instructif, bravo.
j'en déduis que la poste allemande avait des fusils à lunette...à moins que j'ai mal compris

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Re: L'arme du tireur d'élite allemand de la Wehrmacht (1939-1945) : le Mauser K98k

Message  voigtlander le Sam 07 Juil 2012, 12:54

xavier a écrit:très instructif, bravo.
j'en déduis que la poste allemande avait des fusils à lunette...à moins que j'ai mal compris

Pas tout à fait, cette variante n'a été vue que sur ces Standard Modell de la Deustche Reichspost. Ce ne sont pas pour autant des fusils convertis en latéral court par et pour La Poste allemande. En fait certains des fusils de la Reichspost ont été récupérés pour être convertis en carabine de tireur d'élite d'entraînement du Ch.d.A (Chef des Ausbildungswesens : chef de formation, c'est une organisation paramilitaire faisant liaison entre SA et Reichswehr. Elle devait permettre l'entraînement de troupes qui pourraient, en cas d'urgence, aider l'armée régulière).

Elles sont particulières, au lieu d'avoir les contrevis propres au second type, elles ont à la place des tétons de renfort.



Une image un peu plus claire du tampon Ch.d.A :




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Re: L'arme du tireur d'élite allemand de la Wehrmacht (1939-1945) : le Mauser K98k

Message  WICHITA le Sam 07 Juil 2012, 13:08

Merci d'éclairer le fofo de ce passionant sujet.
:bravo:

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Re: L'arme du tireur d'élite allemand de la Wehrmacht (1939-1945) : le Mauser K98k

Message  voigtlander le Sam 07 Juil 2012, 14:26

Remise à jour. Very Happy

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Re: L'arme du tireur d'élite allemand de la Wehrmacht (1939-1945) : le Mauser K98k

Message  BERNEX le Sam 07 Juil 2012, 20:40

Merci Voigtlander , impressionnant
passion ,quant tu nous tiens ...............................................

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Re: L'arme du tireur d'élite allemand de la Wehrmacht (1939-1945) : le Mauser K98k

Message  feder504 le Dim 08 Juil 2012, 01:24

... On a vraiment affaire à un pointu, là ...

Merci pour le boulot effectué pour ce post super intéressant !

Je n'ai jamais possédé plus que des ZF 41 et 4 ... et les montages que tu nous montres m'ont toujours fait rêver !

... j'en aurai, un jour, j'en aurai ...!

A+

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Re: L'arme du tireur d'élite allemand de la Wehrmacht (1939-1945) : le Mauser K98k

Message  Invité le Dim 08 Juil 2012, 07:45

feder504 a écrit:... On a vraiment affaire à un pointu, là ...

Merci pour le boulot effectué pour ce post super intéressant !

Je n'ai jamais possédé plus que des ZF 41 et 4 ... et les montages que tu nous montres m'ont toujours fait rêver !

... j'en aurai, un jour, j'en aurai ...!

A+

Bonjour,

Merci bcp pour ce super dossier.
Total respect et puis si l'ami Feder504, qui est maitre en la matière (toutes les matières en fait, il connait tout ça et avec une telle précision qui me sidère chaque fois) confirme que le travail est exemplaire alors tu peux être très fier de toi. king

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